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 Biographie Artistes(algeriens)

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MessageSujet: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:05

El Hachemi Guerouabi


El Hachemi Guerouabi


Né le 6 janvier 1938 � El Mouradia (Alger), El Hachemi Guerouabi grandit � Bélouizdad (ex-Belcourt) où deux passions occupent son temps : le football et la musique. Vendredi 18 mars 2005.

Né le 6 janvier 1938 à El Mouradia (Alger), El Hachemi Guerouabi grandit à Bélouizdad (ex-Belcourt) où deux passions occupent son temps : le football et la musique. Vendredi 18 mars 2005.
Bon ailier droit, il jouera sa dernière saison en 1951-52, sous les couleurs de la Redoute AC. Au début des années 50, il commença à s’intéresser à la musique et tout particulièrement à El-Anka, M’rizek, H’ssissen, Zerbout et Lachab. Au music hall El Arbi, il se distingue en obtenant deux prix. Grâce à Mahieddine Bachetarzi, il rejoint l’Opéra d’Alger, en 1953 à 1954, ou il chantera Magrounet Lehwahjeb qui fut un suceès.

Engagé à l’Opara comme chanteur,

El Hachemi Guerouabi fera aussi de la comédie et jouera dans plusieurs pièces et dans de nombreux sketches dont Dahmane la chaire et Haroun Errachid. Après l’indépendance, il rencontre Mahboub Bati avec lequel il enrichit ses connaissances, se perfectionne et enregistre des chansonnettes. En 1962 et face à l’invasion des chansons occidentales et égyptiennes, il fallait trouver une place pour le chaâbi auprès des Jeunes. Guerouabi introduit des changements sur le genre et, avec EI barah, il aura beaucoup d’impact. Dans ce courant rénovateur auquel s’opposeront les conservateurs, on trouvera aussi El Ankis et bien entendu le compositeur Mallboub Bati. Toutefois, El harraz et Youm EI Djemaâ ont la préférence de Guerouabi qui excelle d’ailleurs dans le mdih et les nabawiyates. Il effectue un pélerinage à la Mecque en 1987. Guerouabi qui a commencé à taquiner la mandale à l’âge de neuf ans a accumulé un capital immense grâce au contact et au travail assidu auprès de nombreux maîtres du genre.

Toutefois son prestige découle du fait qu’il a su apporter sa touche personnelle et broder une variante singulière sur l’étoffe commune qu’est le chaâbi. Il n’a jamais cessé en fait, même pendant les moments difficiles de sa carrière, d’être à la hauteur de sa réputation, qui a largement dépassé les frontières nationales. A son actif, des centaines de compositions, dont des adaptations de poèmes des XVI Iè et Xvlllè siècles. Il en courage son fils Mustapha à le suivre sur le même chemin et chanter en duo avec lui en 1990. Héritier populaire des grands maîtres du genre et figure emblématique de toute une génération, il renoue avec les textes fiévreux et les poésies qui ont fait sa renommée, dès et début des années 50. La voix suave légèrement éraillée, le " rescapé algérois d’une musique qui s’évaporait de plus en plus dans la variété refait, au début des années 90, un retour éblouissant avec un CD sorti chez Sonodisc, en France, Le chaâbi des maîtres. Cithare, piano, tablas, violons, banjos et guitare constituent l’instrumentation d’un répertoire classique revitalisé et toujours distillé en arabe dialectal. avec une diction et une sérénité extraordinaires.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:06

Reda Doumaz





Son itinéraire artistique de chanteur chaâbi est des plus classique. Né en l956, il grandit au sein d'une famille de mélomanes, dans un quartier populaire où les fêtes sont omniprésentes.

Cependant, il ne se voue pas entièrement à sa passion parce qu'il choisit de terminer ses études. C'est ainsi qu'il devient cadre supérieur dans une entreprise nationale.
La radio contribue à le faire connaître dès l985, et trois enregistrements lui ont valu la reconnaissance du public.
Pour Rédha Doumaz, toutes les musiques et les influences peuvent subir une relecture ''chaâbi'', notamment le jazz, pour insuffler un zeste de modernité et un goût de liberté sans s'éloigner pour autant de l'esprit. Amoureux de poésie symbolique, il n'aime pas imposer une idée toute faite au public, afin que celui-ci découvre sa propre lecture.

Reda Doumaz utilise le chant comme forme d'expression. l'amour impossible, la jeunesse, les quartiers populaires, son pays... les thèmes sont de tous les temps et constituent un patrimoine commun aux artistes. Le chanteur chaâbi perçoit son impact directement au sein des familles et il est donc en contact permanent avec la société. Rédha Doumaz exprime la quête de son travail artistique de la façon suivante : ''Ma mission est de dire l'identité culturelle de mon pays avec le souffle d 'aujourd'hui''..
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:07

El ANKA M'Hamed (1907-1978) - Grand maître de la chanson Chaâbi
D
e son vrai nom Aît Ouarab Mohamed Idir Halo, Hadj M'Hamed El Anka naquit le 20 mai 1907 à la Casbah d'Alger, précisément au 4, rue Tombouctou, au sein d'une famille modeste, originaire de Béni Djennad (Tizi-Ouzou). Son père Mohamed Ben HadJ Saîd, souffrant le jour de sa naissance, dut être suppléé par un parent maternel pour la déclaration a l'état civil. C'est ainsi que naquit un quiproquo au sujet du nom patronymique d'El Anka. Son oncle maternel se présente en tant que tel; il dit en arabe "Ana Khalo" (Je suis son oncle) et c'est de cette manière que le préposé inscrivit "Halo". Il devient alors Halo Mohamed Idir.
Sa mère Fatma Bent Boudjemaâ l'entourait de toute l'affection qu'une mère pouvait donner. Elle était attentive a son éducation et à son instruction. Trois écoles l'accueillent successivement de 1912 à 1918: coranique (1912-1914), Brahim Fatah (Casbah) de 1914 à 1917 et une autre à Bouzaréah jusqu'en 1918. Quand il quitte l'école définitivement pour se consacrer au travail, il n'avait pas encore souffle sa 11 ème bougie. C'est sur recommandation de Si Said Larbi, un musicien de renom, jouant au sein de l'orchestre de Mustapha Nador, que le jeune M'hamed obtenait le privilège d'assister aux fêtes animées par ce Grand maître qu'il vénérait. C'est ainsi que durant le mois de Ramadhan de l'année 1917, le cheikh remarque la passion du jeune M'hamed et son sens inné pour le rythme et lui permit de tenir le tar (tambourin) au sein de son orchestre. A partir de la, ce fut Kehioudji, un demi-frère de Hadj Mrizek qui le reçoit en qualité de musicien a plein temps au sein de l'orchestre qui animait les cérémonies de henné réservées généralement aux artistes débutants. Après le décès de cheikh Nador à l'aube du 19 mai 1926 à Cherchell, ville d'origine de son épouse ou il venait juste de s'installer, El Anka prit le relais du cheikh dans l'animation des fêtes familiales. L'orchestre était constitué de Si Saîd Larbi, de son vrai nom Birou, d'Omar Bébéo (Slimane Allane) et de Mustapha Oulid El Meddah entre autres. C'est en 1927 qu'il participa aux cours prodigués par le cheikh Sid AH Oulid Lakehal, enseignement qu'il suivit avec assiduité jusqu'en 1932. 1928 est une année charnière dans sa carrière du fait qu'il rencontre le grand public.
Il enregistre 27 disques 78 t chez Columbia, son premier éditeur et prit part aussi a l'inauguration de la Radio PTT Alger. Ces deux événements vont le propulser au devant de la scène a travers tout le territoire national et même au-delà. Le 5 août 1931, cheikh Abderrahmane Saîdi venait de s'éteindre. Ce Grand cheikh disparu, El Anka se retrouvera seul dans le genre mdih . C'est ainsi que sa popularité favorisée par les moyens modernes du phonographe et de la radio, allait de plus en plus grandissante. Des son retour de La Mecque en 1937, il reprit ses tournées en Algérie et en France et renouvela sa formation en intégrant HadJ Abderrahmane Guechoud, Kaddour Cherchalli (Abdelkader Bouheraoua décédé en 1968 à Alger), Chabane Chaouch à la derbouka et Rachid Rebahi au tar en remplacement de cheikh Hadj Menouer qui créa son propre orchestre. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et Après une période jugée difficile par certains proches du cheikh, El HadJ M'Hamed El Anka va être convié à diriger la première grande formation de musique populaire de Radio Alger à peine naissante et succédant à Radio PTT, musique populaire qui allait devenir, a partir de 1946, "chaâbi" grâce à la grande notoriété de son promoteur, El Anka. En 1955. il fait son entrée au Conservatoire municipal d'Alger en qualité de professeur charge de l'enseignement du chaâbi. Ses premiers élèves vont devenir tous des cheikhs a leur tour, assurant ainsi une relève prospère et forte, entre autres, Amar Lâachab, Hassen Said, Rachid Souki, etc. EI-Hadj M'Hamed El-Anka a bien pris à cour son art: il a appris ses textes si couramment qu'il s'en est bien imprégné ne faisant alors qu'un seul corps dans une symbiose et une harmonie exceptionnelle qui font tout le genie créateur de l'artiste en allant jusqu'à personnifier, souvent malgré lui, le contenu des poésies qu'il interpréte; les exemples d'El-Hmam, Soubhane Ellah Yaltif sont assez édifiants.La grande innovation apportée par EI-Hadj El-Anka demeure incontestablement la note de fraîcheur introduite dans une musique réputée monovocale qui ne répondait plus au goût du jour- Son jeu instrumental devient plus pétillant, allégé de sa nonchalance. Sa manière de mettre la mélodie au service du verbe était tout simplement unique. A titre indicatif, El Hadj El Anka a interprété près de 360 poésies (qaca'id ) et produit environ 130 disques. Après Columbia, il réalise avec Algériaphone une dizaine de 78 t en 1932 et une autre dizaine avec Polyphone. Après plus de cinquante ans au service de l'art, El Anka animera les deux dernières soirées de sa carrière jusqu'à l'aube, en 1976, à Cherchell, pour le mariage du petit-fils de son maître cheikh Mustapha Nador et, en 1977, a El-Biar, chez des familles qui lui étaient très attachées. Il mourut le 23 novembre 1978, à Alger, et fut enterré au cimetière d'El-Kettar.

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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:08



Hadj Abderrahmane est né à Télémly (Alger), il eut une scolarité très courte. Le personnage qu'il créa et le rendit célèbre « l'Inspecteur Tahar » est un accent de vraisemblance marié à la fantaisie, une possibilité de se reconnaître en se prenant au sérieux par la dérision. Hériter de Rachid Ksentini, de Touri ou de Don Quichotte, Hadj Abderrahmane entre à la RTA dès l'indépendance après une enfance et une adolescence très difficiles à El-Harrach. Il est d'abord opérateur technique et cameraman. Avant de se lancer dans les aventures de l'Inspecteur Tahar - personnage moyen, avec une naïveté vicieuse, plein de ressources et audacieux - Hadj Abderrahmane a fait du théâtre avec Allel El Mouhib qui fut son professeur.
C'est ainsi qu'il a joué le moine dans la pièce Monserrat d'Emmanuel Roblès. Il fut curé dans les « Fusils de la mère Carare ». Sa vie sociale, son enfance, sa nature, ses sentiments les plus profonds le portaient sur le drame mais le public en décida autrement et l'orienta, bon gré mal gré, vers le "comique corrosif".
C'est ainsi que ses aventures avec son confrère l'Apprenti - alias Yahia Benmabrouk du TNA - commencèrent en 1967 avec « L'Inspecteur mène l'enquête » réalisé par Moussa Haddad avec lequel il fera longtemps tandem. « La Souris » suivra en 1968, ensuite « La Poursuite ».
Les années 70 lui furent aussi fastes: « Les vacances de l'Inspecteur Tahar » (1975), « L'Inspecteur marque le but » ( 1977), « Le chat » (1978). Il s'apprêtait à tourner « Le cadavre du domaine » quand la mort le surprit.
Avec ses sketches, il a sillonné d'Est en Ouest le pays sans compter les directs à la TV. Avec ses encoignures conservatrices, le personnage est très moderne et collé aux réalités sociales. Il mourra le 5 octobre 1981 à Paris.
Ces films :
Le Chat [1978]
L'Inspecteur Marque le But [1977]
Les Vacances de l'Inspecteur Tahar [1975]
La Souris [1968]
L'Inspecteur Mène l'Enquête [1967]
La Poursuite

Le succés : Les Vacances de l'inspecteur Tahar de Moussa Haddad

Le film a été réalisé en Algérie en 1972. Il dure 1 h 50 mn.
Réalisation : Moussa Haddad
Scénario : Hadj Abderrahmane
Image : Rachid Merabtine
Montage : Rachid Benallal
Musique : Ahmed Malek
Interprétation : Hadj Abderrahmane, Yahia Ben Mabrouk, Hassan El Hassani, Attab Benali, Zohra Faiza
L'inspecteur Tahar et son adjoint que l'on appelle l'Apprenti, sont invités par Oum Traki, héroïne populaire tunisienne, à passer leurs vacances à Tunis. Avant de quitter Alger, ils font halte dans un complexe touristique où un meurtre vient d'être commis. L'enquête pleine de surprises et de rebondissements les mènera jusqu'à Tunis où ils retrouveront Oum Traki et sa famille...
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:10

Lounes MATOUB....... Digne, Rebelle et Martyr!



Matub Lwnes





Matoub affectionnait aussi bien la chanson sentimentale que celle, de la contestation , mais c’est sur le terrain de la lutte, par le verbe pour que triomphe son combat pour ''l’enseignement de la langue Amazigh à l’école et sa constitutionnalisation, comme Langue nationale et officielle que Matoub excellera. Il sera alors très prolifique réussissant à créer des dizaines de tubes ayant marqué l'évolution de la revendication Amazigh.

Ses amis l’appelaient "le maquisard de la chanson". Maquisard, il l’était dans l’âme et le sang, ce Berbère, toujours prêt à prendre le maquis, pour ferrailler contre ceux qui prétendaient entraver sa liberté, quels qu’ils soient.



Son éternel ennemi, c’était le totalitarisme qu’il soit politique, culturel ou religieux. "Homme libre" était le qualificatif, qu’il revendiquait au plus haut point.



C'est bien plus qu'un chanteur et un poète pour les Imazighens. Il n'est pas exagéré de dire qu'il était le porte-parole de tout un peuple. Tant par sa défense de la culture amazighe, que par la qualité de sa musique et de ses textes, son oeuvre est unique.

Matoub Lounés est née le 24 janvier 1956, à Taourirt Moussa, près des At Douala, en Kabylie. Dès l'adolescence, il compose des chansons. L'école algérienne ne lui plait pas et rapidement, il devient autodidacte.

L'homme lui-même est plein de contraste : écorché vif, il a aussi un coté "tête brûlée", volontiers provocateur. Ceux qui l'ont connu donnent tous le même portrait de lui : un homme difficile à vivre, mais en même temps d'une lucidité formidable et d'une grande humanité.

Sa carrière commence en 1978. D'abord, il se produit dans des cafés du 18éme arrondissement de Paris, et interprète de la musique populaire (chaabi) et des airs traditionnels kabyles. Sa voix et son jeu de mandole ne tardent pas à le faire remarquer. Il enregistre un premier album, Ayizem (Oh le lion).

Ses textes sont clairement revendicatifs : la défense de la culture amazighe occupe une place centrale. Il dénonce la dictature et l'islamisme montant en Algérie. Il est fermement opposé à la politique d'arabisation. Il accepte de parler le tamazight et le français, mais il refuse de parler l'arabe. C'est un ardent partisan de la laïcité et de la démocratie, qui se fait le porte-parole des laissés pour compte et des femmes.

Ses textes lui valent très vite une interdiction à la radio et à la télévision algérienne, et son engagement l'éloge de l'écrivain KATEB Yacine.

Musicalement, son style est très épuré : mandole, guitare folk, derbouka, flûte traditionnelle, parfois du violon. Il puise son inspiration dans la tradition dont, le poète Si Muhand, et il est aussi un fervent admirateur de Slimane Azem, auquel il a dédié une chanson. Si, pour lui, ses textes étaient plus importants que sa musique, il n'en est pas moins un formidable auteur, ayant un grand sens de la mélodie. Sa très belle voix et son excellent jeu de mandole font le reste : c'est un maître. Matoub Lounès ne s'en est jamais caché, il ne savait pas lire la musique. Il jouait à l'oreille, sur son mandole et sur sa guitare. Il a tenté un temps d'apprendre l'écriture musicale occidentale mais y a renoncé. Il dira à ce sujet que sans doute, il vaut mieux que cela en soit ainsi, et que c'est son mandole qui, à l'oreille lui donne l'inspiration musicale. A juger de la haute virtuosité qu'il avait atteint à cet instrument, on ne peut qu'admirer sa modestie.

Dès le début de sa carrière musicale Matoub Lounés a aussi montrer une intégrité totale. Il estime que son inspiration lui vient du peuple Kabyle. Aussi lorsqu'il donne des concerts en Algérie, c'est à titre gratuit, dans certains cas pour des oeuvres humanitaires. Il ne saurait être question pour lui de de recevoir la moindre somme d'argent lorsqu'il se produit en Algérie.

En 1980, lors du printemps amazighe, il est en Kabylie à Tizi Ouzou au côté des manifestants. Sa popularité va croissante et en 1983, il se produit pour la première fois à l'Olympia. Il enregistre alors "Aurifur", disque qui sera le premier d'une grande série de succès.

En 1988, lors des manifestations en Kabylie, il distribue des tracts appelant au calme à Alger, en compagnie d'étudiants. Au cours d'une manifestation à Alger, le 9 octobre 1988, il est pris en chasse par la gendarmerie et après une course poursuite, un gendarme tire sur lui à bout portant. Il est atteint de huit balles de Kalachnikov. Il n'en sortira que dans des circonstances miraculeuses, et tout indique que le pouvoir voulait déjà l'éliminer.

Les séjours à l'hôpital, pour des opérations chirurgicales, se succèdent. Il doit aussi subir un traitement médical pénible, qui durera toute sa vie. Mais il n'était pas homme à s'appesantir sur ses souffrances.

Il sort alors l'album "L'ironie du sort", douloureux mais refusant le désespoir. Il multiplie les séjours en Algérie.



"Même s’ils me tuent, ils ne pourront pas me faire taire"




Matoub Lounés ne ratera jamais la célébration du 20 avril, anniversaire du printemps amazigh. Son militantisme est sans défaut : il multiplie les interventions contre la dictature en Algérie, et se moque ouvertement de l'islamisme montant, ce qui lui attire de nombreux ennemis.

Le 6 août 1990, suite à un banal différent avec un voisin, il est convoqué par les gendarmes. Dès son arrivée à la gendarmerie, où il se rend de son plein gré, le voisin et son père l'insultent, le frappent durement et finalement le poignardent. Les gendarmes, indifférents, les laissent faire.

Il est hospitalisé et les médecins déclarent que ses blessures ne sont que superficielles. Pourtant, dans la nuit, il est pris de douleurs et de vomissements. Il est ensuite rapatrié d'urgence dans un hôpital parisien. En fait, il est atteint d'une blessure grave à l'intestin, qui lui vaut une longue hospitalisation. Sa chambre se transforme alors, en une véritable chapelle, très entouré, par sa famille et ses admirateurs.

L'actrice Isabelle Adjani, alors au sommet de sa carrière, lui apporte son soutien.

Cet incident, aggrave son état de santé, qui déjà n'était pas très bon. Pourtant Matoub Lounés ne renonce pas à ses engagements.

Enregistrements en studio et tournées se poursuivent. Il ne s'accorde que très peu de repos.


Le 25 septembre 1994, il est enlevé par le GIA (Groupe Islamique Armé), le guet-apens est revendiqué par le redoutable groupe d'Hassan Attab, connu comme particulièrement sanguinaire. Sa détention se fait dans des conditions épouvantables. Il sera condamné à mort, Après un simulacre de procès, d'un "tribunal islamique.


Pendant quinze jours, il avait connu l’angoisse de l’isolement, la menace permanente de l’exécution. Il ignorait que dehors, en Kabylie, dans toute l’Algérie, dans l’émigration, tout le peuple kabyle se mobilisait pour sa libération. Elle entraîne une véritable révolte en Kabylie. Face à l'impuissance du pouvoir à retrouver l'artiste, la population se charge de cette tâche. Au bout de deux semaines, le GIA est contraint de le libérer.

Celle-ci, le 10 octobre 1994, fut une première victoire remportée sur l’intégrisme.

A la suite Matoub, déclarera : "Puisqu'ils n'ont pas réussi à me briser en quinze jours de captivité, je leur prouverai, nous leur prouverons, que nous sommes plus forts qu'eux. Rien ne pourra nous arrêter. Notre combat est juste et noble. Nous ne laisserons personne nous abattre. J'en fais le serment".


Moins de deux semaines après, il était à Paris, défilant de la République à la Bastille. Il trouvait cela "normal !". "Je suis là pour appeler à la résistance, disait-il alors. Je continuerai à me battre."


S'ouvre alors une période de travail intense, comme s'il savait que le temps lui était compté. Il tourne et enregistre avec une énergie impressionnante.



Il racontera ensuite sa captivité dans un livre intitulé "Rebelle". Dans ce texte poignant, il appelle symboliquement à la lutte armée contre les extrêmistes islamistes.

Dans une interview réalisée par Zoé Lin après la sortie de "Rebelle", il expliquait qu’il n’était pas un politique et que seules , la force des choses et la tragédie vécue par son peuple, l’avait conduit à s’engager, parce qu’il était un démocrate, un laïc et qu’il refusait de voir son pays transformé en république islamique : "Je n’ai pas choisi d’être transporté dans cette situation : je ne suis qu’un simple chanteur... Mais je suis un enfant du peuple. Je sais qu’il faut résister."


Il alterne des séjours en France et en Kabylie. Il refuse tout garde du corps, malgré les menaces qui s'intensifient. Ses nombreux amis lui déconseillent d'y retourner, mais il ne les écoute pas. Son militantisme Amazigh, est pour lui plus important que sa vie.



A lire son livre "Rebelle", il semble ! qu'il savait déjà, que ses jours étaient comptés.



Et comme on lui citait la phrase célèbre de Tahar Djaout, premier journaliste et homme de théâtre assassiné par les islamistes : ("Si tu te tais tu meurs, si tu parles tu meurs, alors parles, et meurs"), il répondait : "Je veux parler et ne pas mourir. Je veux vivre." Mais, confiait-il à ses amis: "Même s’ils me tuent, ils ne pourront pas me faire taire".



Fin juin 1988, Matoub Lounés retourne en Algérie. Le 25 juin 1998, sur une route de Kabylie, alors qu'il se dirige vers son village natal, il est assassiné. Il n'avait que 42 ans.


Ce meurtre a été préparé méticuleusement. Sa voiture criblée de balles, son épouse, Malika, est grièvement blessée.

D'abord sonnée, par l'annonce de cet assassinat, la population kabyle se révolte : il s'en suivra trois jours d'émeutes.

Pour les autorités algériennes, il a été perpétré par des intégristes islamistes. Pour sa famille, dont sa veuve Malika, il est le fait d'hommes de main, commandités par l'armée algérienne. La situation est tellement obscure que le procès, qui n'a lieu que trois ans plus tard, est ajourné.

De nombreuses versions de cet assassinat ont été données, mais aucune n'est cohérente. Si on ne peut totalement exclure, la participation d'intégristes islamistes, un doute subsiste sur l'attitude des autorités algériennes, dont on peut se demander, si elles ne sont pas complices. Le principal suspect, un extrémiste islamiste, a été innocenté auparavant et l'instruction bâclée. Trois autres islamistes, supposés complices ont été tués par l'armée algérienne entre temps.


Des témoins ont affirmé que des militaires, ont été vus à proximité du lieu de l'assassinat.



Ce meurtre intervient dans des circonstances politiques particulières : le gouvernement algérien édicte alors une loi imposant la langue arabe littéraire comme officielle, à l'exclusion de toute autre et notamment du Tamazight.

Cette loi ne pouvait qu'entraîner une révolte en Kabylie, et l'assassinat de Matoub Lounés, tombe comme un terrible avertissement. Il semble aussi que cet attentat, visait à déstabiliser le président algérien ,Liamine Zéroual, qui sera assez vite contraint de quitter le pouvoir. L'armée algérienne avait semble-t-il intérêt à cette déstabilisation.



Aujourd'hui, sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage et lors des manifestations, les imazighens brandissent son portrait, se revendiquant de son message. On a rarement entendu un artiste s'exprimer avec tant de force, contre l'oppression et l'injustice.



Comme, il aimait à le dire à ses amis "Même s’ils me tuent, ils ne pourront pas me faire taire".



Qu'il sache que, pour nous, il n'est pas mort, son combat et ses idées continueront de plus belles.



Repose en paix
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:11

Lounis AÏT MENGUELLET, Un chantre Kabyle





Tikkelt tamezwarut i d-icna Ayt Mengellet di Radyu, 17 n ssna di lâammer-is, d aseggas 1967. Nnuba-yagi qqaren-as "Ighennayen Uzekka", d Ccrif Xeddam i tt-îttfen. Imiren i d-ighenna Lewnis Ma trud. Netta, yugh tanumi ittghenni netta d imeddukkal-is deg Ighil Bb°ammas, taddart-nni anda d-ikker... Maççi, yughal si ccna n tayri ar ccna nniven i d-ittawi ghef liêala deg nella: si ccna-nni ines tamezwarut Idaq wul iban-ed amek ittwali ddunit.

Maáççi d_tayri kan i_yettghenni, iwala amek tâicin lâibad, amek ttmeslayen ghef lihâla-nnsen. Lhâsun seg wasmi yebda ccna, atâs n tughac n tayri i d-ighenna, mi iwala tbeddel lâeqelya-s, iccna ghef ddunit. Cîtûh akken ighenna daghen ghef tayri, umaâna makken i d-issuffegh ccna-nni isem-is Tayri, imiren i s-ixdâ i ccna icban tagi. Ighenna-d daghen yiwet n taghect anda s-iqqar Qqim deg rebbi-w… netta i ugitâr-is umi la iheddêr. Seg wasmi d-issuffegh taghect-nni Aâli d Waâli i d-iwwi ghef imêhqqaren, akken akken awal-is, inejjer-it-id di tughac icban Agu negh Tibratin Atâs i d-iwwi ghef tegmatt d umennugh ger watmaten, si zik ar tura, d ayen i t-iceghben. Di lmaâna n wawal, ayen ifi d-iccna di taghect Lxuf, ighenna-d daghen fella-s di tughac-agi tineggura. Lewnis Ayt Mengellet isexdam awal, ittak-as lmaâna, maççi d asexlujêd kan i yesxlujûd. Awal iqqar-d ayen illan d wayen ur nelli negh ayen ara yilin, segmi Ayt Mengellet-agi qqaren-as medden d amusnaw.


traduction

C'était en 1967, Lounis Aït Menguellet avait tout juste dix-sept ans quand il passa pour la toute première fois dans une émission radio. C'était alors "les Artistes de demain" assurée par Cherif Kheddam. Notre jeune poète y interpréta Ma trud (Si tu pleures). Celui qui avait l'habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d'Ighil Bwammas, son village natal, devient, en quelques mois, cet idole qui bouleverse les coeurs. La transition vers la chanson engagée n'est pas aussi brutale qu'on le dit : l'ébauche de ce que sera plus tard son oeuvre est esquissée dès la première chanson Idaq wul (le Coeur oppressé).

Plus tard, il rouvre le dossier de l'amour pour le clore avec Tayri (l'Amour). Dans l'intervalle, il se livre à un jeu de mots dans la chanson Qim deg rebbi-w (Mets-toi sur mes genoux !) s'adressant en fait à sa guitare. Il donne le ton à partir de la chanson Ali d waâli (Fin des années 70) qui retrace l'itinéraire d'un despote. Son style ira en s'affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives)... Certains thèmes comme la fraternité, la désunion utilisés dans ces titres seront repris plus tard. A titre d'exemple, les allégories déjà sollicitées dans Lxuf (la Peur) en 1981-1982 reviennent dans son dernier album. Aït Menguellet a chanté divers thèmes qui confèrent à sa poésie la totalité qui lui vaut d'être apprécié par tout le monde - Farida Aït Ferroukh



Un bel ouvrage est consacré par MM Cherbi Moh et Khouas Arezki à l'oeuvre musicale de Lounis Aït Menguellet.



CHANSON KABYLE ET IDENTITÉ BERBÈRE. L'oeuvre d'Aït Menguellet
par Cherbi Moh et Khouas Arezki

Entre les années 60 et les années 90, la chanson kabyle a joué un rôle majeur dans la quête identitaire des berbérophones d'Algérie. Elle est passée d'un registre essentiellement descriptif (la beauté de la Kabylie, la femme, l'amour) à un registre revendicatif. Elle est devenue une chanson engagée politiquement dans le combat contre les inégalités sociales, pour l'instauration de la démocratie, pour la reconnaissance de la culture berbère et de la langue tamazirt. Ce qui a valu à nombre de chanteurs des tracas avec le pouvoir.

Le répertoire riche et varié de Lounis Aït Menguellet dont la popularité est immense en Kabylie et dans toutes les communautés berbérophones , reflète cette évolution thématique ,de la chanson kabyle. Les textes des chansons sont publiés en berbère et en français.


Cliquer sur cette barre pour voir l'image en grande.




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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:12

SLIMANE AZEM, un grand homme





Poète et chanteur kabyle né le 19 septembre 1918 à Aguni Ggughran et mort à Moissac (Tarn et Garonne) le 28 janvier 1983. Slimane Azem arrive en France dès 1937 et entame une immersion précoce dans les tourments de l'exil. Sa première chanson : a Mûh a Mûh, consacrée à l'émigration, paraît dès le début des années 1940, elle servira de prélude à un répertoire riche et varié qui s'étend sur près d'un demi-siècle.

Du point de vue de son contenu, ce répertoire présente des ressemblances frappantes avec celui de Si Mohand, grand poète kabyle du XIXe siècle. Dans un contexte socio-historique différent, Slimane Azem a, en effet, représenté pour le XXe siècle, ce que Si Mohand fut pour le siècle dernier : le témoin privilégié d'un monde qui vole en éclats, d'une société dont les assises ont été ébranlées en profondeur et dont les valeurs vacillent - même si quelquefois elles se raidissent - face à celles, implacables, du système capitaliste.

Le répertoire de Slimane Azem est donc - à l'image de la société qu'il traduit - traversé en profondeur par ces bouleversements; sa thématique est, à cet égard, tout à fait significative. Sur les soixante-dix chansons recensées en 1979 (cf. Slimane Azem : Izlan édité par Numidie Music) et qui composent ce répertoire, plus de la moitié sont consacrées à ce renversement de valeurs avec des titres très évocateurs

Ilah ghaleb, Kulci yeqleb (p. 30) : Ô Dieu, tout est inversé
Zzman tura yexxerwed (p. 38) : les temps sont, à présent, troublés
Terwi tebberwi (p. 122) : tout est sens dessus-dessous.
Dans ces chansons du chaos, zik (autrefois) est fondamentalement opposé à tura (aujourd'hui). Dans cet ouragan qui déferle, rien n'échappe au tourbillon : c'est le règne du «ventre» (aàbûd p. 104) c'est-à-dire des intérêts bassement matériels, de l'argent (idrimen p. 28), de l'égoïsme, etc. au détriment de l'honneur (nnif), de la solidarité agnatique (tagmat). Cet éclatement charrie tout son cortège de maux, de misères dont : la paupérisation, l'alcool (a hafid a settâr p. 25, berka yi tissit n ccrab p. 78), etc. face à l'alcool, Slimane Azem oscille toujours, au même titre que Si Mohand, entre la transgression et le repentir.

Enfin devant la force de l'avalanche cèdent aussi les rapports entre les sexes, rempart ultime de l'édifice social, et Slimane Azem de décrire, tantôt avec humour, tantôt avec une ironie caustique.


Cependant, cette description d'un monde quasi apocalyptique - bien que récurrente - n’a pas l'exclusivité dans l'oeuvre de Slimane Azem; il était et il reste pour toute une génération de Kabyles - par dessus tout - le poète de l'exil : son évocation de la Kabylie, toute empreinte de pudeur, rappelle la douleur d'une plaie demeurée à vif, en témoignent des chansons comme

d’aghrib d aberrani : exilé et étranger (p. 40)
ay afrux ifilelles : ô hirondelle, oiseau messager (p. 74)
a tamurt-iw aàzizen : ô mon pays bien-aimé (p. 126).

Propulsé dans le tourbillon du monde moderne, Slimane Azem ne s'est pas contenté de se réfugier dans le giron, incertain des valeurs traditionnelles, son regard s'est ouvert grand sur le monde et nous lui devons de véritables poèmes de… politique internationale, dans lesquels, le ton volontiers satirique n'altère en rien l'acuité du regard : amek ara nili sustâ ? Comment pourrions-nous nous trouver bien ? (p. 64). Par ailleurs terwi tebberwi : tout est sans dessus dessous (p. 122) est dans la même veine. Il faut préciser que Slimane Azem, puisant dans le vieux patrimoine berbère, a «fait parler» les animaux, arme subtile, mais à peine voilée d'une critique politique acerbe

baba ghayu : le perroquet
tlata yeqjan : les trois chiens (p. 148).

En cela il marque une fidélité indéfectible au caractère traditionnellement contestataire de la poésie kabyle, l'une de ses dernières chansons salue avec éclat et avec un titre très évocateur : (ghef teqbaylit yuli was* : sur le Kabyle (ou la Kabylité) se lève le jour), l'émergence de la revendication culturelle berbère lors du printemps 1980.

Enfin dans ce répertoire vaste, riche et plein de nuances, se remarque une absence quasi totale de la poésie lyrique, lorsque cet aspect est effleuré, il ne l'est que par touches extrêmement discrètes; il est certain que ce silence résulte d'un choix, peut-être est-ce , le tribut que le poète a consenti à payer, afin de briser le tabou lié à la chanson, car on rapporte que Slimane Azem avait le souci d'interpeller les siens au moyen de chansons qui pouvaient être écoutées «en famille», c'est-à-dire en tous points conformes aux règles de la bienséance. - Encyclopédie berbère, tome VIII -



BIBLIOGRAPHIE

AZEM Slimane, Izlan (textes berbères et français), Numidie Music, Paris,1979.

* La dernière chanson citée (ghef teqbaylit yuli was) ne figure pas dans cet ouvrage car elle lui est postérieure.





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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:13

Crif Xeddam (CHÉRIF KHEDDAM) - Portrait d'un éternel






Iluled Crif Xeddam deg ayyur n furar 1927 deg taddart Nat Bumesàud (Ain lhêmmam). Imawlan is d imrabêden yernu aghwerbaz ibaàd ghef uxxam, ihi yuznit babas gher zawya (rahêmania) Nat Bujlil. Lamaàna ur iaatêl ara deg zawya nni imi ittêf abrid gher Lezzayer tamaneght ad inadi ghef uxeddim, syen yunag ar Fransa deg 1947 am netta am ilmezêyen di lweqt nni.

Deg Paris yezga ixeddem d amehlan (ouvrier) maca yeqqar d aghen azawan, solfej d ccna. Isbed tarbaàt n ccna deg 1954.Mi d yewwi iman is, ijmaa isûrdiyen isufegh adêbsi nes amezwaru (seg ljib is) deg 1955 "yellis n tmurt iw laànaya n temàict iw". Din din tekcem taghuct n uccenay a deg ulawen n leqbayel. Anfaras Pathé Marconi isla is. Iàawd as asufegh n udêbsi amezwaru yerna wiyâd am "yellis lfamiliya" akw d "inni d ma thêmeld iyi".

Icna d Crif Xeddam ghef tmurt d tudert n yal ass n Iqbayliyen, ghef lghwerba d tayri amedya nadya, djerdjira, lemri, a lêhbab, àacen, zzman, bgayet telha.

Mi d yughal si Fransa ikcemn gher uxxam n radyu anda ixdem nnig 20 isegwasen. Tella ghures nnuba yettwasnen atâs, "ighenayen uzekka" ansi fghen atâs icennayen n teqbaylit am Lunis At Mengellat id icnan zdat-s "ma trûd" deg usegwas 1967.

Yerna yesufegh tughac nîden am "lukan id tettughal temzî" akw d "tennayi yemma" anda itcekkir tilawin. Yura d aghen i Nwara yecna yides tughac am "nemfaraq ur nxemmem" akw d "ula d nek yewàar ad ttugh".

Crif Xeddam si ger imezwura id iskecmen làud d upyano ar ccna n teqbaylit lamaàna bnadem mara isel i tughac n Crif Xeddam itthûlfu s rrûh n teqbaylit tedder degsent. -Tesufegh Tassadit Yacine adlis s tefransist ma tebgham ad teghrem ghef tmeddurt is : Cherif Kheddam ou l’amour de l’art, "Ccrif Xeddam negh tayri n tzûri" gher tizrigin La Decouverte/Awal Paris deg 1995 -




Avant d’être ce maître incontesté de la chanson kabyle moderne, Kheddam destiné d’abord aux écritures saintes du Coran. Né en 1927 à Aït Boumessaoud en Haute Kabylie, il fréquente l’école coranique locale avant de se rendre à la zaouia de Boudjelil en Basse Kabylie pour poursuivre l’acquisition de la haute culture lettrée. Mais au gré des conjonctures, il change d’orientation. En 1947, Chérif Kheddam prend le chemin de l’exil vers la France. À son arrivée, il travaille comme ouvrier dans une fonderie puis à l’usine pour survivre jusqu’en 1961. C’est donc dans le contexte de l’émigration que Chérif commence à pratiquer la musique et le chant. Sa première chanson Yellis n tmurt iw (Fille de mon pays) éditée à compte d’auteur, est perçue comme un chef-d’œuvre par le public.

Après un premier succès, Chérif chante dans des conditions toujours difficiles. Il mène deux activités diamétralement opposées : le travail dur de l’ouvrier et la création artistique qu’il tentera de maîtriser pleinement. Chérif persévère dans cette voie grâce à l’encouragement de ses amis, en particulier Madame Sauviat, disquaire, qui, ayant remarqué la qualité de cette chanson, le dirigera vers Pathé Marconi. Les affres de l’exil et de la guerre d’Algérie le poussent au repli sur soi et à la création. De cette situation paradoxale naît l’œuvre musicale de Chérif qui va se tourner vers une carrière professionnelle.

Malgré son handicap culturel de départ et en dépit de son âge, Chérif s’est attaché a acquérir une culture musicale en s’initiant au solfège, au chant puis à l’harmonie. Conscient de l’indigence qui affecte le patrimoine musical enfermé dans une tradition sclérosée, il tente de l’enrichir, de le rénover sans gommer ses caractéristiques. Il a su créer un espace d’expression ouvert sur la modernité, imposer une rigueur au niveau de la création qu’il n’a pas manqué d’inculquer aux jeunes chanteurs.

Chez Chérif Kheddam, poésie et chant sont intimement liés. La mélancolie d’antan a cédé la place à une nouvelle conception de la musique, de la poésie et, par suite du monde. C’est en effet, au niveau des textes que l’auditeur peut déceler la dimension révolutionnaire du poète à qui on doit plus d’une centaine de chansons déjà répertoriées. Quatre grands axes intimement liés dans l’esprit du poète traversent l’œuvre : l’amour, la terre, le changement social et le combat identitaire. On se serait attendu à ce que, homme issu d’une " grande " famille, Chérif se fut cantonné dans le chant conventionnel où prédominent la morale et la religion. Or, le poète transgresse la vision traditionnelle pour en fonder une autre où l’interdit devient permis.

Tantôt dans la tradition, tantôt dans la modernité, Chérif Kheddam innove sans cesse. Intimement liées, tradition et modernité finissent par constituer une unité riche de sens, marquant l’identité du poète et la revendication d’une création permanente.

C’est donc ainsi que Chérif Kheddam, de son vivant même, fait déjà partie de la grande lignée des ancêtres, ceux qui avaient jadis pour fonction de perpétuer, la tradition ancestrale et de la transgresser pour fonder une nouvelle conception du monde. - Texte de Tassadit YACINE , écrit en collaboration avec Tahar BOUDJELLI, Cherif Kheddam ou l’amour de l’art, La Decouverte Paris 1995 -





We cannot but find strange Cherif Kheddam’s life trajectory! Born an aristocrat cut out for handing down the scholarly Koranic tradition, he has become the undisputed master of modern Kabyle song.

Cherif was born in 1927 at Ait Bou Messaoud in Grand Kabylia. First he attended a local Koranic school, then a Zawia in Boudjelil (Lesser Kabylia). In 1947 he left Algeria for France where, until the end of Algeria’s War of Independence, he earned his living in smelting works and other factories.

It was as an immigrant in France he began to compose and sing. Published at author’s expense, his first song Yellis n tmurt iw (girl of my native country) was considered as a masterpiece by the public. In spite of difficulties of all sorts he decided to go on, encouraged as he was by such friends as Mrs Sauviat, a record-dealer particularly interested in Oriental songs. Thanks to her he came in touch with Pathé Marconi. He met also Ahmed Hachlef who was going to play an important part in the artist’s career. His homesickness as well as the difficulties he met with during the War of Independence induced him to retire within himself and devote himself to music.

A first success as a singer did not put an end to the hard life of a young man who had great difficulties in earning his living and wanted to master artistic creation at the same time. In spite of his musical shortcomings at the outset, he decided, notwithstanding his age, he would learn sol-fa, harmony and more about singing so as to acquire a real musical culture.

Fully aware that a musical heritage fenced in petrified traditions must sooner or later become anaemic, he has always tried to enrich and revive it without defacing its century old specificity. He is to be thanked for opening a field for modernity, yet he has always insisted upon the necessity of meeting strict requirements in the process of creation, an approach he instilled into the mind of the many young singers he has formed. A number of the singers who presently sing modern songs have been taught by him and are proud to be considered his disciples. Some of them are known for singing those amazigh songs that fight for certain ideas: the Yugurten ensemble, Ferhat Imazighen Imoula, Idir, Ait Menguellet, Malika Doumrane, Nouara, Ahcen Abassi...

In his songs, words and music are closely linked. Forgetting about the mournfulness common in songs of yesteryear, he has imagined, and methodically explored, all new poetic and musical ways. It is easy to detect the revolutionary themes in the more than one hundred songs he is known to have written.

His work is grounded on four main themes closely linked in the poet’s mind: love, the native land, social changes and the promoting of Kabyle particularism. One might have expected that since he was born in a traditional family, he would keep to conventional songs with moral and religious connotations. Now it so happens that the poet has ventured beyond the traditional ways, transgressing century old tabooes. To him there are no forbidden subjects any longer.

Either sticking to tradition, or following modern trends, Cherif Kheddam has innovated all his life. In combining tradition and modernity he has gradually achieved a meaningful coherence, his specific creation. Thus, in his lifetime, Cherif Kheddam has already become one of the great ancestors whose office it was, on the one side to hand down the musical heritage, and on the other side to venture beyond it to find new ways. - written by Tassadit Yacine with the collaboration of Taher Boudjelli, December 1995 - and translated by M. Stoffel.


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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:16

Jean Lmouhouv AMROUCHE , Poète et Journaliste Littéraire






Il n'est pas facile de parler de Jean LMouhouv Amrouche sans avoir une pensée pour sa mère Fadhma ou encore à sa sœur Taos. À eux trois, rassemblés plus dans leur mission intellectuelle que dans le cadre familial.


Mouloud Mammeri disait que "le sort des Amrouche a été une fuite harcelée, hallucinante, de logis en logis, de havre jamais de grâce en asile toujours précaire. Ils sont toujours chez les autres étrangers, où qu'ils soient."

C’est dans cet état d’esprit, oppressé par l’éternelle quête d’identité, que s’est formée ou forgée la plume de deux grandes figures, controversées certes, mais emblématiques de la littérature algérienne, les Amrouche, Jean identifié à l’éternel Jugurtha, Taos, la petite reine Karomama, mais aussi leur mère Fadhma Aït Mansour.

Ils forment un tout, et ce qu’ils ont de commun, c’est cette permanente affirmation et revendication de soi dans un monde où se côtoient et ce concilient intelligemment deux cultures : la culture algérienne de Kabylie et la culture française. Il dit ne pas s’appeler en demi-nom. Il refuse de s’appeler Jean-Amrouche ni Lmouhouv Amrouche mais totalement Jean Lmouhoub Amrouche.

Assurer sa patrie, sa culture et ses racines d’origine dans un espace fascinant, envoûtant et magnétique, et qui plus est amplifié par la réussite sociale, est l’expression d’un engagement profond et d’une vérité absolue. Jean Lmouhouv Amrouche ne s’est pas contenté de recevoir un héritage culturel séculaire. Il l’a assumé, comme disait Mammeri, jusqu’aux tréfonds de sa conscience où se mêlent la fascination et la passion.


Poète kabyle de langue française, journaliste littéraire (1906-1962), né en 1906 à Ighil Ali, en Kabylie (Algérie), dans une famille kabyle de la vallée de la Soummam. A la fin du siècle dernier, une jeune femme kabyle, la mère de Fadhma, n’avait eu pour seule solution, afin d’échapper à l’oppression de son village, que de mettre son enfant, illégitime, à la première école laïque de filles d'Algérie, ouverte à Fort-National (Larva Nat Iraten - haute kabylie).

Ainsi, grandit la mère de Jean, mère,Fadhma Aït Mansour (1882-1967), chrétienne, qui va épouser un kabyle chrétien. Dans les années trente, fuyant la misère en Kabylie, elle émigre en Tunisie pour élever ses enfants, puis un autre exil, cette fois-ci, en France. Un récit poignant qui décrit largement l’enfance et l’adolescence de Jean, Taos et leurs autres frères et sœurs.


Car en définitive, c’est grâce au courage et à l’obstination de leur mère que les Amrouche ont traversé les ans et les âges, certes pas tout à fait indemnes, car amputés d’une grande partie de leur sensibilité originelle, mais surtout investis d’une grande force créatrice. La mère, Fadhma, n’a pas cessé d’insuffler dans l’esprit de ses enfants, le courage et la persévérance.

Un travail sur le caractère qui a donné plus qu’elle n’espérait, car il a engendré des êtres d’une grande créativité. Une femme exemplaire qui nous a laissé l’un des très beau témoignage de son temps, une autobiographie éditée chez Maspéro 1968, l’histoire de ma vie.

Jean et Taos qui vont incarner les déchirements et les contradictions d’êtres viscéralement attachés à la culture kabyle tout en tentant, et coûte que coûte, de s’exprimer au sein de la culture française, devenue une part non moins viscérale d'eux-mêmes. Ainsi, l’œuvre des Amrouche prendra tout son sens dans la seule expérience vécue, aussi dramatique soit-elle, celle de l’exil, un exil qui s’impose comme la pierre angulaire sur laquelle vont se transcrire tous les signes et les pamphlets d’une écriture rebelle.

Et pour le lecteur qui cherchera à comprendre Jean ou Taos Amrouche, il rencontrera, au détour d’une écriture mystique, un homme et une femme accablés par l’exil au point où tout devient étranger, ce qui vient de l’extérieur et ce qui vient de l’intérieur, même leur propre parole leur est étrangère.


“Je n’ai rien dit qui fut à moi,
Je n’ai rien dit qui fut de moi,
Ah ! Dites-moi l’origine
Des paroles qui chantent en moi.”


Jean Amrouche



Après des études supérieures en France (École normale de Saint Cloud), Jean est professeur de Lettres dans divers lycées de Tunisie et d'Algérie. Aux milieux des années 1930, il publie ses premiers poèmes dans la revue Cahier de Barbarie qu'il dirige à Tunis avec Armand Guibert.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rencontre André Gide à Tunis et rejoint les milieux gaullistes à Alger. Il réalise des émissions littéraires à la radio, à Tunis, Alger puis Paris (entre 1944 et 1958), il aura alors l'occasion de s'entretenir avec tous les grands noms de la littérature et de la philosophie de son temps. Certains de ses entretiens (avec François Mauriac, André Gide, Paul Claudel, Guiseppe Ungaretti...) resteront célèbres et les enregistrements édités en disque.


C’est dans son ouvrage de référence L’Éternel Jugurtha, publié en 1946 dans le n° 13 de la revue l’Arche, qu’il le déclamera à longueur de texte, Jean revendique, la berbérité de toute l’Afrique du Nord. Plus que d’un simple prétexte historique, du prestigieux nom du roi, il disait : "il y a 18 millions de Jugurtha."


Sa quête de demeurer soi-même tout en avançant avec les autres, il l’expliquera dans un de ses textes où il dit : “La lutte que je mène porte sur les simples droits d’être soi et non l’image gauchie d’un maître, le droit d’appartenir à une communauté naturelle, d’y être un homme à part entière par droit d’humanité et de porter son propre nom, de jargonner sa propre langue dans la patrie des aïeux.”

Jean Lmouhouv Ouamrouche considérait l’entrée dans la culture française comme la première porte qui s’ouvrait soudain devant lui sur l’utile universalité. Sa vie durant, il tâchera d’écarter encore un peu plus “l’entrebâillement de la porte” qui donne sur le monde. Cette insistance à dire et à faire savoir qu’il appartient à deux mondes, certes antagoniques à un moment de l’histoire, le place sur le chemin de la fidélité et d’une mosaïque d’amour.

Il a su imposer à la différence, la connaissance et de la découverte de l’autre.

Il dit à propos : “À force de tâter toutes les blessures de la différence, de vivre déchiré sur le tranchant qui césure le nous des autres, je finis par être mal assuré de mon identité. Je sais mieux, si toutefois j’avais pu l’oublier, qui sont mes frères : ceux qui confessent Dieu et reconnaissent l’homme.”

La France de Jean Amrouche était la France “concrète, la France mythique aussi, la France réelle”, disait-il. L’autre France, c’est-à-dire la coloniale, Jean la combattra à sa manière et au cœur même de certaines de ses structures officielles comme la RTF (la Radio Télévision française) où il animait le journal parlé.



Il en sera limogé de Radio France par Michel Debré, pour ses positions en faveur de son peuple kabyle combattant.


Il écrira dans Témoignage Chrétien : “Les jeunes Algériens meurent depuis trois ans, et il est résolu à mourir aussi longtemps qu’il sera nécessaire de reconquérir une partie qui soit la leur, à laquelle ils puissent appartenir corps et âme et qui ait son nom et sa place, humble ou glorieuse, il importe parmi toutes les patries humaines.”


L’attachement à sa patrie et à sa culture est magistralement annoncé dans un de ses poèmes avec des mots que seul lui savait dominer : “Je n’ai rien dit qui fût à moi, je n’ai rien dit qui fût de moi. Ah dites-moi l’origine des paroles qui chantent en moi.”


Ce n’est point ici l’expression du désir du retour aux sources... mais plutôt une affirmation de s’y enivrer jusqu’à s’y noyer.


Chassé de Radio France, Jean continue son activité à la radio suisse de 1958 à 1961.

Sa sœur, Taos Amrouche, a été la première romancière algérienne de langue française.





Jean Lmouhouv, Marguerite Taos, deux prénoms pour chacun, l’un chrétien, l’autre kabyle, symbole effarant d’un déchirement, d’un écartèlement, source inépuisable d’un malaise qui n’a pas cessé de tarauder les Amrouche. Comme si ces multiples “moi”, cette vie à deux temps se rompait en deux obliques parallèles engendrant sur leur trace tout un conflit existentiel, sans l’espoir d’une fusion, d’une rencontre au bout.


En somme, deux personnalités différentes qui se disputaient un corps. “ Je suis un homme et je suis Dieu. Je ne suis ni homme, ni Dieu, car l’homme pleure d’être Dieu et le Dieu souffre d’être un homme parmi les hommes]” disait-il.


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La guerre sera pour Jean Amrouche un révélateur conditionnant son entrée en politique. Bien qu’étant « préoccupé par les problèmes de l’Afrique », on ne relève pas un grand engagement chez l’écrivain avant 1940. Celui-ci débute après le traumatisme de la défaite. Il affirme clairement sa volonté de maintenir une pensée libre. Ayant rejoint Alger, devenue la capitale de la France libre, en 1943, il entre très volontairement en politique afin de « faire entendre sa voix d’Africain » et contribue à influencer de Gaulle dans sa conception progressiste de la politique coloniale telle qu’elle s’exprime dans les discours de Constantine et de Brazzaville.


Mais la tragédie de Sétif lui fait prendre conscience du fossé qui s’est creusé entre la France et l’Algérie et lui laisse déjà entrevoir la séparation inéluctable.



Il devient le porte-parole et le défenseur des masses dominées et muettes. Il est le pont qui fait communiquer le FLN et la France, le GPRA et le général de Gaulle.


Il écrit dans Afrique action du 13.02.1961 : “L’Algérie pourra-t-elle effectivement remplir ce que nous espérons devenir cette nation multiraciale qui dépassera les antagonistes religieux ? Deviendra-t-elle ce qui n’existe nulle part au monde, c’est-à-dire la patrie de l’homme, où ses composantes, qui sont tout de même, des composantes importantes : religieuses, linguistiques, passionnelles et mythologiques, seront dépassées?

Il change de statut, il se fait journaliste, porte-parole, au risque de sa vie. Il mettra sa double culture algérienne et française au service du dialogue. Les articles ici réunis (1943-1962) nous permettent de connaître une histoire de la guerre d'Algérie telle qu'elle est vécue et perçue par le grand poète, l'homme de coeur et de raison qu'était Jean Lmouhouv Amrouche.


Outre la volonté d'informer, Jean Amrouche témoigne. Il exprime sa douleur, celle de son peuple confronté au génocide culturel.


Cliquer sur cette barre pour voir l'image en grande.




"L'homme le plus pauvre
est riche malgré tout de son nom
d'une patrie terrestre son domaine
et d'un trésor de fables et d'images que la langue
des aïeux porte en son flux comme un fleuve porte la vie.

On ne nous fera plus prendre des vessies peintes
de bleu de blanc et de rouge
pour les lanternes de la liberté." Jean Amrouche



Par la Radio Suisse, il continua à informer et dire sa douleur et son déchirement de 1958 à 1961.

Militant de l'indépendance algérienne, il est mort d'un cancer quelques semaine avant les accords d'Évian.


Un "petit" indigène défavorisé a pu s'élever dans la société française et a payé le prix de son émancipation. Loin d'être " assimilé " ou " renégat ", comme essaient de le présenter, les militants de la culture de dernière heure.

Jean Lmouhouv est un patriote et un grand homme Kabyle, enraciné dans l'africanité la plus profonde, et ouvert sur l'universalité.


Un autre grand homme a dit de lui:

« Jean Amrouche fut une valeur et un talent. Par-dessus tout il fut une âme. Il a été mon compagnon. » Charles de Gaulle, 16 avril 1962. dans "Jean El-Mouhouv Amrouche". Mythe et réalité. Réjane Le Baut. éd. du Tell 2005


A Lmouhouv, ton peuple et ton sang te remercient



Bibliographie

*Cendres (Mirages, Tunis, 1934 - L'Harmattan, 1983) : poèmes (1928-1934)

*Étoile secrète (Cahiers de barbarie, Tunis, 1937 - L'Harmattan, 1983)

*Chants berbères de Kabylie (Monomotapa, Tunis, 1939 - Édmond Charlot, 1947 - L'Harmattan, 1986 - 1989)

*L'éternel Jugurtha (1946)

*Un Algérien s'adresse aux Français ou L'histoire d'Algérie par les textes: 1943-1961, L'Harmattan.



A lire également

- Jean Amrouche l'éternel exilé, Un choix de textes (1939-1950) de Jean Amrouche, présenté par Tassadit Yacine éd. Ibis Press - 10 €

- Jean El-Mouhouv Amrouche, Mythe et réalité. Réjane Le Baut - éd. du Tell 2005
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:19

FERHAT Mehenni, le père de la "Protest Song"!





le maquisard de la chanson Kabyle




La Kabylie a toujours été jalouse de sa spécificité berbère. Niée par la colonisation, niée par l'Algérie indépendante, elle est victime d'une arabisation forcée et d'une répression sanglante. De révolte en révolte, pour imposer un ordre démocratique en Algérie, la Kabylie s'est retrouvée isolée dans son combat. La question se pose donc d'une autonomie de la Kabylie, et c'est cette question, que pose avec vigueur et conviction Ferhat Mehenni.


Ferhat Mehenni, le maquisard de la chanson kabyle, comme aimait à l’appeler Kateb Yacine, Né le 5 mars 1951 à Illoula en Grande Kabylie (Algérie), Ferhat Mehenni perd très jeune son père mort pendant la guerre d'indépendance de l'Algérie. Admis tardivement à l’école primaire des enfants de Martyrs à Alger, où il fait face pour la première fois au problème linguistique, il découvre sa différence identitaire et du même coup, la stigmatisation dont les Berbères font l’objet.


La prise de conscience

À l’âge de dix-huit ans, il est forcé de quitter l’école pour gagner sa vie et venir en aide à sa famille. Cependant, parallèlement à sa vie professionnelle, il prépare et passe avec succès son baccalauréat, ce qui lui permet d’entrer à l’Université d’Alger où il étudie les sciences politiques. C’est là qu’il fait la connaissance de ceux qui deviendront ses compagnons de lutte. Ensemble ils collaborent à la publication de deux revues « Taftilt » (Lumière) et « Itri » (Étoile) dans lesquelles, ils formulent leurs revendications culturelles et linguistiques.


Dès 1967, il s’initie au métier d’auteur compositeur. Deux ans plus tard, il est l’invité d’une émission de radio en avril 1973, il remporte avec son groupe Imazighen Imoula (Les hommes libres du Nord), le premier prix du Festival de Musique Moderne d'Alger.

Diplômé en sciences politiques à l'université d'Alger, Ferhat fait sa percée dans le monde musical, Il commence alors sa carrière de chanteur contestataire, hostile au gouvernement algérien et aux islamistes et, il est devenu un chanteur kabyle célèbre en Algérie.


Ferhat Mehenni est le premier chanteur à poser en termes clairs, le problème de l’identité berbère. Son répertoire composé essentiellement de textes engagés dérange dès lors le pouvoir algérien, habitué à bâillonner la moindre voix dissidente et prompt à juger subversive, toute initiative qui n’a pas l’heure de lui plaire. Cela n’empêche pas Ferhat de prendre part en 1976 au débat sur la Charte nationale en posant la question berbère dans toutes les assemblées ; se faisant, la sécurité militaire (SM) le repère ne le lâchera plus.


Il est des combats qui marquent une vie. Ferhat Mehenni est kabyle. Presque un crime en Algérie.

Le 30 octobre 1976 à 6h00 du matin, la SM force la porte de sa chambre à la Cité universitaire et l’arrête dans son sommeil. Après une garde à vue de vingt-quatre heures dans des conditions odieuses, il est fiché et relâché.

Par la suite Ferhat Mehenni a été incarcéré à douze reprises.« La première fois que j’ai été arrêté, c’est comme si le monde avait basculé ! J’ai alors vraiment connu la peur. Ensuite, on s’habitue et, à la longue, je me suis fait une carapace, même si j’en paye le prix aujourd’hui avec des problèmes cardiaques »



En octobre 1977, il obtient sa licence en sciences politiques et après avoir tenté de travailler dans plusieurs sociétés d’État, il décide en 1978 de partir en France pour rejoindre la coopérative berbère Imdyazen ; il en devient rapidement membre actif et lui cède, les recettes de ses prochains disques.

Militant convaincu de la cause berbère, il est de tous les combats. En mai 1979 il participe, en France, au festival de la chanson engagée et moins d’un an plus tard il se retrouve en première ligne des manifestations du Printemps berbère, à Tizi-Wezzu, en Algérie.


Avec les événements de 1980, l’implication de Ferhat va s’intensifier et sa détermination aussi. En interdisant le 11 mars 1980 à l’écrivain Mouloud Mammeri de donner une conférence sur la poésie berbère ancienne à l’Université de Tizi-Wezzu, le gouvernement algérien venait de donner le coup d’envoi à un mouvement de revendication généralisé à toute la population berbère.

Repéré par le régime comme l’un des acteurs fondateurs du mouvement, il est arrêté le 16 avril. Relâché quelques jours après, il reprend ses activités d’animateur culturel avec l’écrivain Kateb Yacine. À partir de 1981, il collabore à la revue du Mouvement Culturel Berbère, « Tafsut » (Printemps).

D’autre part, sa situation d’enfant de martyr de la révolution le rapproche de ceux et celles qui partagent sa condition d’orphelin de guerre, laissés pour compte. Avec d’autres, il fonde le Comité des enfants de Martyrs, ce qui lui vaut d’être l’objet d’intimidation et de surveillance accrue.

Le 15 décembre 1982 on lui confisque son passeport pour l’empêcher de se rendre à l’étranger (il ne lui sera rendu qu’en 1988), tout en l’interdisant de scène en Algérie. En février 1985, il est arrêté et emprisonné à Tizi-Wezzu. Ainsi pense-on le bâillonner, mais c’était mal le connaître ! Dès sa sortie de prison, il participe, le 30 juin 1985, à la fondation de la Ligue Algérienne des droits de l’Homme et siège au Comité de direction.

Le 17 juillet 1985, Ferhat est de nouveau arrêté à 6h00 du matin devant ses enfants, chez lui à Azazga, pour avoir voulu déposer en marge des cérémonies officielles une gerbe de fleurs sur le sanctuaire des Martyrs. C’est sa douzième arrestation, il est accusé d’atteinte à l’autorité de l’État, Condamné à 3 ans ferme. Incarcéré à la prison de Berouaghia, il est transféré dans le quartier des condamnés à mort. Torturé, tenu dans l’isolement le plus total, il fait une grève de la faim pendant 12 jours. Il passe en jugement à la Cour de la Sûreté de l’État et se voit transféré à la prison de Lambèse, près de Batna dans la région des Aurès.

Dans cette prison tristement célèbre pour les pires sévices qu’on y subit, il est d’emblée, accueilli par des gardiens armés de matraques et de barres de fer, qui lui cassent le nez avant de le mettre au cachot où il restera plusieurs jours sans soins. Il est finalement libéré en 1987, bénéficiant d’une grâce présidentielle, à la suite d’une campagne de pression menée par la Ligue Internationale des Droits de l’Homme.



Un grand Homme, qu'aucune épreuve n'a épargné!


Le plus dur a peut-être été pour sa famille : "Mes enfants ont vécu dans l’angoisse de me voir arrêté ou assassiné, avoue-t-il "

En 1989, il crée avec quelques compagnons, notamment le Docteur Saïd Saadi, le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il devient Secrétaire national à la culture.

Croyant au vent de démocratie qui commence à souffler sur l’Algérie, Ferhat décide de quitter la chanson pour se consacrer à la politique, mais il est rapidement désillusionné. En effet, l’arrivée des islamistes en 1991 et l’assassinat de Mohamed Boudiaf, rentré d’exil pour présider aux destinées du pays, jettent l’Algérie dans le chaos. Les femmes et les intellectuels tombent comme des mouches sous les balles et les couteaux des islamistes ; plusieurs d’entre eux sont de vieux amis et compagnons de route de Ferhat.


Loin de se laisser déstabiliser par le tourbillon des horreurs qui surviennent chaque jour, le poète retourne à la chanson, pour mieux exprimer sans doute les sentiments contradictoires qui animent l’Algérie toute entière. Il demeure cependant en politique puisqu’en 1993, il est élu président du Mouvement culturel berbère (MCB).



Mon verbe est politique...mon regard est poétique!

Sentant que les graves préoccupations du moment allaient donner au gouvernement un prétexte tout désigné pour mettre une fois de plus la question berbère de côté, Ferhat, décide de créer la Coordination nationale du mouvement culturel berbère pour donner un nouvel essor au combat identitaire.


Il lance un appel au peuple pour le boycott de la rentrée scolaire et universitaire ; l’appel est entendu et suivi. Le gouvernement accepte de négocier, mais en employant de vils moyens puisqu’il s’agit de dresser contre lui ses propres amis pour l’obliger à quitter la direction d’une organisation qu’il a lui-même fondée.


Entre temps, Ferhat est pris en otage par les intégristes islamiques dans l’avion d’Air France qui le ramène à Paris, ce 24 décembre 1994. Une fois de plus, son sang froid le sauve : au pirate de l’air qui lui promet de l’abattre, il réplique « en me tuant vous rendrez service au gouvernement ».

Dans cet avion qui le mène peut-être vers la mort, Ferhat Mehenni devait sûrement penser qu’à défaut d’avoir atteint le but pour lequel il a consacré sa vie, il n’aura pas tout à fait perdu son temps. En effet, les étudiants de tous les niveaux ont tenu le coup et après huit mois de « grève du cartable », le gouvernement finit par créer le Haut Commissariat à l’Amazighité, admettant par le fait même l’existence de la réalité berbère. Le résultat est peut être mince, mais c’est un premier pas et non des moindres puisqu’il fait triompher l’Histoire.


Rappelons en effet, qu’il n’y a pas si longtemps, les enfants apprenaient à l’école que la présence de la vie humaine en Afrique du Nord commençait avec l’arrivée des Arabes.


En 1995, la sécurité algérienne a envoyé deux émissaires pour me menacer de mort, ma famille et moi. "J’ai dû envoyer tous les miens vivre en France par crainte de les perdre" , raconte-t-il en baissant soudainement les yeux. Silence. Il relève la tête, ses yeux brillent. Son regard s’anime à nouveau, passant de la douleur du souvenir aux éclats de l’espoir, alors qu’il évoque une Kabylie libre et laïque. "Les islamistes se croient autorisés à tuer des individus qui ne se rangent pas du côté de leur position. Moi, je crois que l’islam se portera bien, le jour où il aura intégré la laïcité".


Il n’y a pas de conflit entre Kabyles et Arabes, mais plutôt un conflit entre la Kabylie et le pouvoir algérien


Installé désormais en France, où il vit avec sa famille. Mais fidèle à ses engagements et à son idéal, il continue la lutte pour la culture et la démocratie. De par sa détermination, il a su insuffler le courage et la fierté à toute une génération de jeunes en mal d’être, car la jeunesse Kabyle est loin de baisser les bras.


Devant l’inertie du pouvoir à régler le problème identitaire et de démocratie, toute la région berbère de Kabylie s’est soulevée pour réclamer la levée de l’ostracisme qui frappe la culture berbère depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962.


Incapable de laisser faire, Ferhat réinvestit de nouveau le terrain politique en prenant l’initiative avec d’autres personnes de fonder en juin 2001, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), afin de proposer au peuple berbère de Kabylie, une autre alternative pour se sortir des mains, d’un pouvoir qui envoie son armée tirer sur les jeunes.


Conférence sur conférence, Ferhat Mehenni, sillonnera la Kabylie pour expliquer à la population sa conception et les fondements d’une Kabylie autonome. L’idée de l’autonomie lui a valu des critiques acerbes de la classe politique.Néanmoins, l’idée, il l’assume entièrement et reste convaincu qu’elle demeure la seule et unique voie de salut pour la Kabylie.



Cette initiative aura peut-être le mérite d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’avenir de la Kabylie qui vit depuis plus de 40 ans dans une forme d’incarcération sociale.


"Il ne s’agit pas, pour nous, de combattre une majorité, mais simplement de revendiquer nos droits." Et la revendication reste, pour le moment, pacifique : "Nous donnons une leçon de non-violence au monde entier, alors que beaucoup des nôtres ont été assassinés, nous n’avons pas pris les armes". Restent les jeunes, qui risquent de devenir violents, si la situation persiste.


Ferhat veut continuer à croire à la revendication pacifique et au dialogue. Soucieux de proposer des solutions de rechange au système politique algérien, Ferhat Mehenni entreprend un voyage dans plusieurs pays, vivant l’expérience de la cohabitation afin de s’inspirer de leurs expériences.


Pour autant, il n’a jamais abandonné la chanson. C’est ainsi, qu’en 2002 à 51 ans, âge qu’il ne porte pas, malgré sa dure carrière d’artiste engagé, faite de hauts et de bas, le maquisard de la chanson, comme l’aimait à l’appeler Kateb Yacine, revient avec un nouvel album, entièrement dédié à la Kabylie, intitulé : "I tamurt n’leqbayel (pour la Kabylie)".


Dans la chanson qui porte le nom de l’album, Ferhat Mehenni, qui revient sous son nom artistique Imazighen Imoula, chante cette Kabylie dont il a toujours rêvée. « Sur tes terres poussent orge et blé honorant Vgayet et Tizi, se tournent vers toi, les regards de ceux attachés au respect que tu personnifies. »


En présentant ce travail, prévu initialement pour l’année d’avant, puis renvoyé à cause des évènements qui ont secoué la Kabylie, avec l’actualisation de quelques textes, Ferhat, dans un verbe cru, dénonce la ségrégation linguistique, culturelle et ethnique, qu’a connu le pays et dont il est un témoin vivant : "Nous avons vécu un apartheid, que nos élites nationales, en dehors de quelques très rares voix, n’avaient jamais dénoncé, soit par couardise ou complaisance, soit par complicité, notamment chez les tenants de l’arabo-islamisme."


Tout en continuant à marier résistance et chanson, il se produit régulièrement sur les scènes européennes.


Intrépide et infatigable, Ferhat Mehenni, dit que son "verbe est politique et son regard poétique".

Cette figure emblématique de la cause identitaire, toujours égale à elle-même, en dépit de toutes les tornades, ne recule devant rien, quand il s’agit de lutter pour le recouvrement, dans toutes ses dimensions, de l’identité amazighe, frappée d’anathème au gré d’idéologies calquées sur des modèles importés.


La dualité dans sa personnalité faite à la fois de l’homme politique et de l’artiste, il la vit en symbiose et constitue ainsi sa force tranquille. Il la vit au fait, comme un naturel. Sur cette question, Ferhat répond :« Le monde politique se demande pourquoi j’empiète sur ses plates-bandes.»

Il ajoutera qu’il « a peur de s’humaniser, d’où une sorte de corporatisme dans un domaine où chacun pour soi, le complot et l’intrigue sont les règles de survie»[/i]. C’est pour cela qu’il admet, que si pour beaucoup de gens chanter est un acte culturel, pour lui, il est avant tout un acte politique.Il défend ses convictions dans les deux domaines.


Le père de la "Protest song", se distingua en 1994, en se faisant initiateur et rédacteur du fameux communiqué, accompagné d’un ultimatum, adressé aux ravisseurs du rebelle "Matoub Lounès, "les menaçant de « leur déclarer la guerre au cas où ils toucheraient à un de ses cheveux ".
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:20

Ces activités politiques au sein du MAK, l’ont amené à écrire au Ministre français de l’intérieur, M.Nicolas SARKOZY, dont voici des extraits :




Monsieur le Ministre,

"Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie vous remercie de l’audience que vos services lui ont accordée sur le problème des "kabyles" Votre attention et votre écoute qui nous sont précieuses vous honorent et grandissent la France dans nos coeurs. Nous vous en sommes très reconnaissants".



"Les Kabyles constituent une sorte de communauté apatride que la France devrait traiter en tant que telle."

«Les Kabyles constituent une sorte de communauté apatride que la France devrait traiter en tant que telle. Seuls des délégués dûment mandatés par elle pourraient la représenter auprès des autorités françaises. Les Kabyles ont perdu confiance en un pouvoir qui en quarante ans de règne ne les a traités que par le déni en tous genres, le mépris, la suspicion, la matraque, la prison et la mort. »


"Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie est à Votre disposition pour accompagner l’ensemble de Vos initiatives et leurs étapes dans la voie d’une solution heureuse pour la France comme pour la Kabylie.
Avec notre très haute considération."


Paris, le 15 Septembre 2003, pour le M.A.K, Ferhat MEHENNI.



Le sacrifice..............

Ferhat paya de sa chair, un lourd tribut, à son engagement politique, c'est à cause, probablement, de cette option pour le MAK, qu'il a été puni par des forces occultes qui ont assassiné son fils aîné Améziane, ce 19 juin 2004, d’un coup de couteau perfide en plein Paris.


Améziane, 18/01/1974 -19/06/2004

<BLOCKQUOTE>Dans la nuit du 18 au 19 juin 2004, Améziane Mehenni, fils aîné de Ferhat Mehenni, célèbre artiste kabyle engagé, a été mortellement poignardé par deux « individus de type maghrébins. Agé de 30 ans, Ameziane Mehenni venait de sortir du fast-food Quick de la place de Clichy, XVIIème arrondissement, lorsqu’il a été poignardé d’un coup de couteau en plein cœur dans des conditions non élucidées.»

</BLOCKQUOTE>
<BLOCKQUOTE>« Un homme est mort samedi 19 juin 2004, vers une heure du matin. Il était jeune et intelligent. Il était beau. Il était innocent. Il a été assassiné à coups de couteau, place Clichy, à Paris. Son seul tort : il était kabyle. Et surtout, il était le fils du grand chanteur Ferhat Mehenni. C’est son père, qu’on a voulu atteindre à travers lui. L’assassin court encore, et il est probable qu’il ne sera pas retrouvé. Ainsi parla Guy Millière, un ami de Ferhat. »

J’écris ces quelques lignes parce que cette mort me bouleverse : Ferhat est mon ami et j’ai trop peu connu son fils. Sa douleur de père me transperce le cœur, et je sais qu’aucune parole ne pourra l’apaiser.
J’écris aussi, parce que le meurtre et la violence ignoble ne doivent pas triompher. Ferhat se bat pour que la culture kabyle vive et ne soit pas écrasée à jamais sous le rouleau compresseur de l’islamisme, de l’arabisme et de l’Algérie FLN. La Kabylie a été terre féconde bien avant que ne viennent les conquêtes arabo-musulmanes : elle a été chrétienne et juive, ouverte et tolérante. Les conquérants venus de la péninsule arabique n’ont jamais réussi à y effacer une différence irréductible. Les colonisateurs non plus. Le pouvoir en place à Alger pas davantage.

Le combat des Kabyles pour rester eux-mêmes pourrait bien ressembler à notre combat à nous, qui nés Français, nous nous trouvons soumis chaque jour davantage à une terreur sourde découlant de l’islam militant. Le combat des kabyles pour rester eux-mêmes ressemble au combat des juifs pour rester eux-mêmes malgré le racisme, les brimades, les humiliations, les tentatives de génocide.

Le combat des Kabyles rejoint l’universalité puisqu’il y est question de la tolérance, de la liberté de parole, des droits fondamentaux de l’être humain.

Le fait qu’un homme puisse être tué au couteau à Paris en 2004, nous renvoie aussi à la situation très concrète dans laquelle nous sommes.

La France devient un État de non-droit où des assassins peuvent frapper en toute quiétude et sans remords. Elle devient le pays où le couteau est une arme de plus en plus utilisée par les soldats de l’islam, quelle que soit leur obédience.

</BLOCKQUOTE>Ferhat malgré son lourd chagrin, redoubla d’énergie, pour la cause de son peuple.


Son intervention musclée lors du colloque AFIDORA à l'assemblée Nationale Française, particulièrement médiatisé, a eu un retentissement conséquent, en Algérie même.




Ferhat Mehenni à l’assemblée nationale française

extrait:

Ferhat MEHENNI, en porte-parole du Mouvement pour l’Autonome de la Kabylie-MAK- exposait ce vendredi 27 mai 2005 dans l’hémicycle de l’assemblée nationale française, les risques majeurs d’une guerre civile en Algérie, lorsque l’Etat est amené à faire croire "à l’Algérien moyen que les Kabyles seraient de nouveaux Juifs et la Kabylie un autre Israël".





"l’Algérie associe Israël à la Kabylie pour légitimer la répression contre celle-ci "

En cultivant la haine du Juif en Algérie, l’Etat est parvenu à y instaurer un terrorisme politique et intellectuel qu’il est encore très dangereux de braver. Quant à la Kabylie qui est opprimée au nom de l’arabo-islamisme, elle espérait en vain depuis longtemps un regard, une compassion de la part de la communauté internationale, Israël compris, pour aller de l’avant, défendre ses droits démocratiques et ses enfants. De ce fait, elle n’hésite pas, souvent par défi au régime en place, à exprimer dans la rue son soutien à l’Etat hébreu.

En Algérie, il est courant de faire diversion à l’intérieur du pays en associant Israël à la Kabylie pour légitimer la répression contre celle-ci et contre l’émancipation du peuple kabyle. En se révoltant en 1980, la Kabylie fut accusée d’avoir été à la solde de l’étranger et du Mossad. C’est ce genre de dérive qui, petit à petit, a amené l’Algérien moyen à prendre les Kabyles pour de nouveaux Juifs et la Kabylie pour un autre Israël.
extrait du texte lu par Ferhat MEHENNI à Assemblée Nationale française, le 27/05/2005.






Quand l’intolérable et l’abjection cesseront-ils ? Quand des êtres humains par centaines de milliers sauront enfin voir où l’intolérable et l’abjection se situent et auront le courage de se battre sans trêve pour qu’il n’en subsiste rien.


Le combat ne fait que commencer. Il sera vraisemblablement long. Il y aura des morts encore. Mais nous ne pouvons pas renoncer, comme, du plus profond de sa douleur, notre frère Ferhat, ne renoncera pas.




Son livre !……………à ne pas manquer de lire :





"De révolte en révolte, pour imposer un ordre démocratique en Algérie, la Kabylie s’est retrouvée isolée dans son combat. Le particularisme du peuple et de la culture kabyle réclame aujourd’hui un traitement à part. La question se pose donc d’une autonomie de la Kabylie, et c’est cette question que pose avec vigueur et conviction Ferhat Mehenni. Si ce livre est une lettre ouverte aux Kabyles pour qu’ils prennent leur destin en main, il est également pour nous l’occasion de faire le point sur la Kabylie à la veille des élections présidentielles algériennes.

Chanteur kabyle très célèbre en Algérie, Ferhat Mehenni a fondé en août 2001 le MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie), qui a fait de la défense des intérêts kabyles sa priorité et revendique une autonomie de type espagnol".

Algérie : La question kabyle
par M. Ferhat MEHENNI
Ed. Michalon , 180 Pages
ISBN 2-84186-226-7




Lire ce livre est une façon nette et tranchée de dire non aux criminels buveurs de sang.


Pour Commander l’ouvrage :

Editions Berbères / 47, rue Bénard - 75014 Paris.




Nota : Les Editions Berbères ont édité le dernier album de Ferhat "I tmurt n Leqvayel". Pour l’achat d’un livre de Ferhat (Algérie : la question kabyle), le CD est au prix de 16 € (au lieu de 20 €).
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:22

Jalil et Yannis Lespert






Adolescent, Jalil Lespert accompagne son père , comédien de théâtre, à un casting : l'un et l'autre sont finalement engagés, car le réalisateur Laurent Cantet recherche deux acteurs pour interpréter un père et son fils dans son court-métrage Jeux de plage (1995). Laissant de côté les études de droit qu'il avait entamées pour faire plaisir à sa mère juriste, Lespert décroche en 1999 son premier rôle dans un long-métrage (Nos vies heureuses, le film-fleuve de Jacques Maillot), et reçoit un prix d'interprétation à Clermont-Ferrand pour ses prestations dans deux courts, dont l'un est signé Pierre-Erwan Guillaume, un cinéaste qu'il retrouvera en 2004 pour L' Ennemi naturel.

En 2000, c'est encore grâce à Laurent Cantet que Jalil Lespert accède à la notoriété : dans Ressources humaines, premier long-métrage du cinéaste, il est Frank, étudiant en école de commerce venu faire un stage dans l'usine où travaille son père. Seul acteur professionnel de la distribution, il livre une performance intense qui lui vaudra le César du Meilleur espoir masculin. Sorti quelques semaines après le film de Cantet, Un dérangement considérable, dans lequel il campe un aspirant footballeur amoureux de la mère de son meilleur ami, vient confirmer le talent et la sensibilité du comédien.

Devenu l'un des acteurs les plus en vue de sa génération, Jalil Lespert enchaîne les tournages, en affichant une prédilection pour les rôles de composition. Sensuel jardinier dans le Sade de Benoît Jacquot, paumé obsédé par le culturisme dans Vivre me tue de Sinapi, l'acteur d'origine franco-kabyle incarne un émigré Italien fuyant le régime fasciste dans Bella Ciao. Le maître Alain Resnais lui confie en 2003 un personnage de gigolo -dont le modèle est l'acteur Charlie Chase-, dans son opérette Pas sur la bouche, puis Lespert interprète un journaliste inspiré par Georges-Marc Benamou dans Le Promeneur du Champ de Mars de Robert Guédiguian, récit des dernières années de la vie de François Mitterrand. Devant la caméra du jeune cinéaste Mabrouk el Mechri, il incarne un ex-boxeur remontant sur le ring, pour égayer les derniers jours de son père. C'est l'occasion pour lui de donner la réplique à Jean-Pierre Cassel et Léa Drucker. Son frère Yannis Lespert compte se lancer également dans l'aventure cinématographique.

La famille Lespert, une famille d'artistes.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:23

HAYET AYAD








HAYET AYAD, artiste accomplie d'origine kabyle. Hayet Ayad mène depuis près de quinze années, un parcours artistique centré sur la promotion des idées de tolérance et de coexistence pour la paix et l’amitié. De sa voix grave, chaude et intemporelle, elle chante la Méditerranée et offre la lecture contemporaine d'un patrimoine musical séculaire à l'étrange modernité. Elle puise son inspiration dans le répertoire traditionnel de l’Espagne ancienne, dite des trois cultures, et dans la tradition orale du bassin méditerranéen. Romances, Cantigas, Chants traditionnels Kabyles. Elle est désignée par la Spedidam “ meilleure voix de l’année 1997 ” dans le registre des musiques du monde et traditionnelles. Elle a créé le spéctacle "Aux jardins d'Espagne", en duo avec Christian Zagaria.

En 2002, elle est invitée par la Boston Camerata dirigée par Joël Cohen à l’enregistrement du disque « Cantigas », à Fès qui sera primé par la « Fondation Edison Award ». La même année, elle crée le spectacle « Mawal »avec l’orchestre andalou de Fès. Ce concert sera donné en avant première dans la cathédrale de Strasbourg devant prés de 2000 personnes. En 2003 elle crée et présente le spectacle « Mounia n dounit » et interprète ses propres textes en français. En 2004 elle crée également un spectacle en solo « Chants de la Tassaout » inspirée de l’ouvrage de René Euloge ("Les Chants de la Tassaout" Mririda).

De nombreuses représentations en Europe, aux Etats unis et dans le monde ont été l’occasion de collaborations et de rencontres qui la placent parmi les artistes recherchées du monde musical méditerranéen.

Hayet Ayad est aujourd’hui l’une des références vocales du chant traditionnel.

« Dans toutes mes créations, qu'il s'agisse de chants à tradition sacrée soufis, chrétienne ou juive, je m'attache à transmettre la dimension divine qui se trouve cachée en chacune d'elles. Je veux dire par là, que je sens profondément qu'il n'y a pas des religions, ou des dieux differents mais bien une seule et même racine commune, qui vit en chacun de nous. Je veux dire également que je me sens profondément faire partie de la grande race humaine, quiconque voudra me faire croire le contraire, je l'invite à lire et méditer sur le splendide poème d'un Maître mystique andalou :

"Mon coeur est désormais multiforme
Tantôt prairie où vont paître les gazelles
Tantôt monastère pour des moines
temples d'idoles et kaaba pour déambuler
Tables de la Thora également
et Vulgate Coranique.
Je professe la foi de l'Amour
quelque direction qu'il prenne.
L'Amour est certe ma religion et ma foi."
»



Cliquer sur cette barre pour voir l'image en grande.




Dans un décor du Haut Atlas, Hayet Ayad chante en berbère ses propres créations. Elle nous raconte aussi en français, l’histoire d’une femme berbère, hétaïre et poétesse de la vallée de la haute Tassaout. Ici les poèmes sont d’une rare densité, ils mettent en valeur les émotions de la vie, sous le regard de cette femme « Mririda Naït Atik ».

L’histoire de ses poèmes et la manière dont ils sont parvenus jusqu’à nous est extraordinaire. En 1927, l’écrivain René Euloge, envoyé comme instituteur dans le grand Atlas Marocain, découvre la Haute Tassaout, vallée du bout du monde, l’une des plus sauvages, des plus grandioses et des plus belles de cette région. Là, il fait la connaissance d’une jeune berbère dont le charme et l’inspiration vont le fasciner. Mririda n’Aït Attik est une jeune hétaïre du souk d’Azilal clos de hautes murailles de pisé, flanquées de tours à meurtrières ou elle était tolérée en compagnie de quelques jeunes filles de sa sorte. Elle n’avait pas la trentaine, jolie, elle ne l’était point, malgré des yeux immenses au regard expressif. René Euloge décrira cette étrange relation :

« Je me trouvais en communion spirituelle avec cette fille sauvage en qui je découvrais à ma stupéfaction sans cesse accrue, une âme enthousiaste et généreuse combien exceptionnelle et inattendue au cœur du grand Atlas. Je la sentais pénétrée de la flamme qui la brûlait, de l’amour de cette montagne à laquelle elle devait une inspiration originale ... Il me fallait attendre la tombée de la nuit pour la retrouver vêtue de somptueux brocart : une Mririda fleurant le jasmin, une Mridida prête à se laisser emporter par son lyrisme enflammé ou sa mélancolie funèbre... »

Elle chantait comme si elle eut vocalisé les neumes d’un étrange plein chant. Qui pouvait prêter une attention véritable à son talent? Peu familiarisés avec le dialecte tachelhaït, les sous-officiers français du Goum ne se souciaient guère de ses poèmes et de ses chants, pour eux inintelligibles. René Euloge retranscrivit et traduisit patiemment ces chants dictés directement par l’inspiration de celle qu’il appellera notre Sappho berbère et publiera plus tard ces poèmes d’une âpre simplicité, qui s’apparentent aux ballades, lais et rondeaux de notre Moyen-Âge.

Hayet Ayad se réapproprie aujourd’hui son identité retrouvée, grace à de nouveaux textes dont elle signe l'écriture. "Mounia" la mère,"Dounit" la terre. Symboles interieurs, nourriciers et fertiles, comme le chant qu’elle porte et qui trouve ici ses racines dans sa propre histoire de fille d'émigrés Kabyle. Un doux mélange d’enfance et de modernité, de Kabylie, d'Algérie et d’Occident. Les chants en français sont inspirés par sa grand-mère maternelle « Mounia ». Hayet est accompagnée par des instruments traditionnels, tel que le Oud, le Quinton d’amour, la mandole méditerranéenne, les percussions et aussi le piano.

Ensemble ils nous parlent de racines, de rêves, d’espoir et d’amour...



NB: A lire délicieusement : "Les Chants de la Tassaout"Mririda, retranscription René Euloge, aux édition Bellevisi.


Pour avoir un petit aperçu de son répertoire : 2 liens à télécharger

* Tassaout - Ayema Loilé : http://rapidshare.de/files/35590941/Hay … _.mp3.html

et

* Mounia n dounit, Entre deuc, je rêve : http://rapidshare.de/files/35591861/Hay … t.mp3.html

Paroles / Hayet AYAD
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:24




hadj M'rizek(1912-1955) - Brillant interprète de Chaâbi.
De son vrai nom Arezki Chaïeb, Hadj M'Rizek naquit au 4, Rue de Thèbes à la Casbah d'Alger. Il fréquenta l'école "indigène'' du quartier de Soustara, l'école Sarrouy où il obtint en 1927, le Certificat d'Etudes Primaires (CEP "indigène'').Très jeune, il s'intéressa à la musique. Son demi-frère Mohamed Qhioudji, lui apprit quelques airs de chansons qu'il interprétait avec des amis.
Dans cet orchestre "familial" il tenait le tar. En 1928, au cercle du Mouloudia, Place Mahon face à Djamaâ Djedid, existait une société andalouse au sein de laquelle il évolua aux côtés de Cheikh Ahmed Chitane, faisant d'énormes progrès dans le genre Hawzi tout en suivant parallèlement des cours d'arabe. C'est là qu'il rencontra Mustapha Kechkoul, Omar Hibi et Bencharif.
A partir de 1929, il anima la plupart des fête familiales de la Casbah. Ses interprétations du hawzi étaient très appréciées à Blida et Cherchell. Il trouva assez de temps pour aider le Mouloudia dont il fut le vice- président en 1937 et diriger par la suite la section natation. Il a enregistré ses premiers disques à Paris chez Gramophone (78 T) en 1938, entre autres: Ya taha el amine, Yal qadi, EI bla fi el-kholta. Il a effectué son pèlerinage en 1937, une année après El-Hadj El-Anka et Hadj Menouar. En 195l, il se produit à la salle lbn Khaldoun (ex: P. Bordes) avec Lili Bouniche. il a interprété, El-Faradjiya de Sidi Kaddour El-Alami et Rohi Thasbek ya afdra de Bendebbeh. Le 20 mai 1952, il participe à un grand gala organisé, au profit de la famille du Cheikh Khelifa Belkacem décédé, le 4 novembre 1951. Au cours de la même année il enregistre chez Pacifique son grand succès: El Mouloudia (78 T); les paroles lui étaient écrites par Cheikh Noreddine ainsi que Arassi noussik du poète Dris El-Alami et Qahoua ou lateye du poète Sid Thami El- Medeghri. C'était un dandy comme on disait à cette époque, gentleman et distingué.
Tout comme Habib Rédha, Mustapha Skandrani, Mohamed El-Kamel, Abdelghani Belkaïd, Ali Debbah (dit Allilou) et beaucoup d'autres, il était très estimé par son public et particulièrement dans le M'Zab où il animait beaucoup de soirées, Qhioudji son demi-frère, dit Mohand Aromi, a joué un rôte important dans sa vie artistique du fait qu'il était organisateur de spectacle, il était en fait son imprésario. C'était lui qui réceptionnait les demandes de galas et fêtes familiales pour choisir les cheikhs disponibles et monter les cérémonies à sa manière, Hadj Mrizek avait entrepris, vers 1940, l'interprétation de chants religieux. Cheikh Sid Ahmed Ibnou Zekri, proviseur du lycée de Ben-Aknoun l'a orienté vers le hawzi et l' Aroubi, genres profanes qui lui allaient bien. Il s'initia au dur apprentissage de l'écriture poétique mais la maladie était là. Bien qu'alité, il s'enquerrait des nouvelles de la Révolution déclenchée de 1er Novembre 1954. Demi-frère de Rouiched, originaire de Kanis à Azzefoune (Tizi-Ouzou), Hadj M'Rizek qui avait quitté, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la vieille maison familiale de la Casbah pour le quartier chic européen du Bvd Pitolet à Bologhine, mourut dans la nuit du 11 au 12 février 1955 à Alger, après une longue maladie et fut enterré au cimetière d'El-Kettar.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:25






Ezzahi, de son vrai nom Amar Aït Zaï, est né en 1941 à Ain El Hamam (Tizi-Ouzou). C'est en écoutant Boudjemâa El Ankis, dans les années 60, qu'il découvre sa passion pour cette musique. Autodidacte il sera un brillant auteur et interprète du chaâbi. Son premier enregistrement date de 1964. On raconte que ce sont Cheikh Lahlou et Cheikh Kebaïli qui, en 1963, l'encouragent, en lui remettant d'anciennes qacidates et des astuces pour améliorer son jeu. Ammar Ezzahi est le musicien le plus secret du chaâbi. Quasiment mystique, disent certains proches. Il n'accepte aucun journaliste, n'accordant aucun entretien, refusant toutes les sollicitations de la télévision et de la radio, refusant tous les spectacles que lui proposent des tourneurs. Invité à être la tête d’affiche du festival du chaâbi à Paris, en 2000, il déclina poliment l'offre. Son dernier concert, il le donne à la salle Ibn Khaldoun, à Alger, en 1987. Au moment de la grande confusion politique et des meurtres en série, Ammar Ezzahi se retire complètement, pendant plusieurs années, se consacrant à la lecture, raconte un de ses musiciens. Silencieux, il fréquentait, et fréquente toujours assidûment un café populaire, Le Marhaba.
A la fin des années 90, il reprend son mandole et revient à la musique, en se consacrant exclusivement aux fêtes familiales et privées. "Amimar", comme le surnomment les algérois, est sûrement le Cheikh le plus piraté de l'histoire de la musique chaâbi. Ezzahi qui signifie le jovial, le gai, demeurera l'éternel amoureux et sa voix juste continuera d'envoûter ses fans.Ammar EzzahiAmmar Ezzahi
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:26

Boudjemaâ El Ankis





Né le 17 juin 1927 à Alger, 1ère impasse du Palmier, Bir-Djebbah à la Casbah, au sein d'une famille pauvre et nombreuse. Mohamed Boudjemâa est originaire du village Aït Arhouna, commune de Tigzirt-sur-Mer. Son père était coursier et magasinier chez le parfumeur Lorenzy. Le jeune Mohamed, inscrit à l'école Brahim Fatah, obtient son certificat d'études primaires en 1939 à l'âge de onze ans et commence à travailler chez son oncle Hassaïne Boudjemâa, propriétaire d'une crémerie, avant de rejoindre Sid Ahmed Serri, un autre mélomane, au greffe de la cour d'Alger.

De 1939 à 1945, Mohamed Boudjemâa qui rêve déjà de devenir El Ankis -El Anka était d'ailleurs originaire d'un village voisin de celui du jeune chanteur- s'essaie à la mandoline puis à la guitare, tout en écoutant et en enregistrant les grands maîtres.

Mais il a fallu attendre1957 pour qu'il s'initie à l'arabe aidé par une oncle paternel. Grâce aux leçons de Chouiter et de Mohamed Kébaili, dont la troupe travaillait sous l'égide du PPA à la fin des années 30, il fera la connaissance d'artistes tels que Cheikh Saïd El Meddah, aussi prestigieux à l'époque que Mustapha Nador.

En 1942, l'apprenti qu'il était exécutera, pour la première fois en public, à l'occasion d'un mariage, Ala Rssoul El Hadi Salli Ya Achiq. Dans une troupe créée en 1945, Boudjemâa évolue entre El Anka et Mrizek, les deux monstres sacrés de l'époque. Il débute avec un répertoire de medh comprenant essentiellement les quacidate Chouf li Ouyoubek ya Rassi, Ya Ighafel, Ya Khalek lachia, Zaoubna fi H'mak et El Baz, des poètes Ben Mssayeb, Ben Sahla, Bentriki, Benkhlouf, Kaddour El Allaoui et Driss El Amir.

Toutefois, une part importante du répertoire d'El-Ankis lui fut transmise au début de la Seconde Guerre mondiale par Cheikh Saïd El Meddah, son voisin à Notre Dame d'Afrique. Grisé par le succès, il se met à faire un travail personnel d'arrangement musical et , au milieu des années 50, il se lance dans la chansonnette. Tal al Djaffa, El Kawi, Goulou lichahlat ayyani sont les principaux titres de cette expérience qui tourna court du fait que la maison Phillips dont le directeur artistique était Boualem Titiche, lui refuse ses œuvres. Découragé, il décide de ne plus chanter, casse son mandole et s'engage comme gardien d'un HLM à la cité Climat de France.

C'est aussi la guerre de libération qui commence. Il ne fut pas épargné parce qu'il sera arrêté et torturé, à deux reprises par les services spécialisés de l'armée coloniale, en 1957 et en 1960. Sa sortie de prison coïncide avec une reprise avec l'art mais plus celui de la chansonnette. Djana El Intissar dont il est l'auteur des paroles et de la musique évoquant les manifestations du 11 décembre 1961, est un hymne à l'indépendance. La jeunesse algérienne explose après tant d'années de servitude et recherche le rythme. Pour la cibler, Boudjemâa El Ankis fait appel à Mahboub Bati et dès 1963, la " guerre " éclate : au lieu et place du chaâbi pur et dur, lourd et difficile à comprendre, le duo ressuscite la chansonnette. Le marché et les ondes sont bombardés d'une soixantaine de tubes à succès dans la veine des Tchaourou 'Alia, Rah El Ghali Rah, Ah ya Intiyya.

Le secret de la réussite : des mots simples, du rythme et des thèmes qui traitent des préoccupations des jeunes. Le créneau sera exploité par des chanteurs plus jeunes tels que Amar Ezzahi, Guerouabi, Hassen Saïd et El Achab, mais le genre -la chansonnette- connaîtra son summum en 1970 et amorça son déclin à partir des années 80. Grâce à l'instruction, aux progrès de l'arabisation, le chaâbi classique reprend le dessus et El Ankis abandonne la chansonnette et renoue avec la Quacida. Son répertoire compte plus de trois cents chansons allant du medh et du tawhid au djed en passant par la chansonnette
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:27

DAHMANE EL HARRACHI



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DAHMANE EL HARRACHI, un artiste qui ne saurait être ni classé dans quelque catégorie de chanteurs que ce soit ni comparé à personne. Sa voix rocailleuse exprime avec une justesse aiguë toutes les nuances de la souffrance physique et morale et le déchirement de l'exil dont il a subi les tourments pendant plus de vingt ans, avec toute l'émigration maghrébine. On ne s'étonnera pas d'apprendre qu'il fut surnommé " le chantre de l'émigration ". De son vrai nom AMRANI ABDERAHMANE, DAHMANE ELHARRACHI est né le 7 juillet 1926, sur les hauteurs d'Alger. Issu d'une famille très conservatrice - son père, le Cheikh ELAMRANI, était le Muezzin de la Grande Mosquée d'Alger - il a préféré se faire connaître dans la chanson sous un pseudonyme. C'est en souvenir de son enfance, passée, en grande partie à EL HARRACH, qu'il accola à son prénom celui de ce quartier très populeux des environs d'Alger. Comme la plupart des petits algériens, il partagea son temps jusqu'au certificat d'études, entre l'école coranique et l'école primaire, à l'enseignement desquels s'ajouta quelque peu l'école de la rue. Il pratiqua ensuite divers métiers, celui de cordonnier-bottier entre autres ; il lui en resta un goût prononcé pour les vêtements chics et les belles chaussures. Il fut un de nos artistes les plus élégants. Ensuite il devint receveur des tramways C.F.R.A et le resta sept ans de sa vie. Circulant entre EL HARRACH et BAB ELOUED il pu observer de près la population d'Alger si colorée et si diverse. En même temps il s'adonnait à la musique, pour son plaisir d'abord et, très vite, en professionnel. Bientôt il était en tournées entre BISKRA et ANNABA puis à travers toute l'Algérie. A ce stade de sa vie, il se considérait comme le plus heureux des hommes. Un jour la troupe se dispersa comme une volée de moineaux. Lui, pourtant, ne renonça pas et fit de nombreuses tournées avec de vrais professionnels : HADJ MENOUAR, Khalifa BELKACEM, Hamid El MAROCANE et le Cheikh EL ARBI d'ANNABA. C'est en 1949 qu'il décida de partir pour la France, se joignant au flot des émigrés qui quittaient l'Algérie à la fin de la deuxième guerre mondiale. Il résida cinq ans à Lille, quatre à Marseille, trois à Lyon et trois à Metz. Il se fixa ensuite à Paris où il se produisit dans les milieux algériens qui venaient auprès de lui se retremper dans l'ambiance du pays, chaque fois que l'occasion leur en était donnée. De sa voix à la AZNAVOUR (c'est d'ailleurs le surnom qu'on lui donnait dans le milieu artistique), il interprétait tout le répertoire CHAÂBI et cette voix surprenante donnait à ce genre une nouvelle résonance. A la fois encouragé par le succès rencontré et gêné par le manque de répertoire, il se fit auteur-compositeur. La nostalgie du pays commençant à se faire sentir, c'est vers Alger la Blanche qu'allaient toutes ses pensées. Elle lui inspira sa première chanson, "BAHJA BIDA MAT'HOUL". L'Algérie mise tout entière à feu et à sang dans sa lutte pour l'indépendance lui donna son deuxième sujet, "BILAD EL KHIR". Dès lors, en pleine possession de ses moyens, il devint un compositeur des plus originaux. Chaque année était marquée par un petit chef-d'oeuvre de finesse et d'esprit. Parmi d'innombrables chansons, où l'invention musicale le disputait à l'image poétique, citons: "YA KASSI", "ELLI HEB SLAHOU", "ELLI YEZRÂ ERRIH", "KHABBI SERREK", "DAK EZZINE ALA"SLAMTOU", "YAL HAJLA", "HASSEBNI OUKHOUD KRAK". Une chanson pouvait démarrer sur un mot d'esprit, un proverbe subtilement altéré "ELLI YEZRÂ ERRIH" (qui sème le vent récolte...la poussière!). Sa poésie, populaire quant à la forme, exprime le tiraillement entre la modernité et la tradition. S'il chantait la nostalgie et l'amour du pays, la femme idéale comparée traditionnellement à la perdrix (YAL HAJLA) ou à la colombe (ZOUJ HMAMAT), là s'arrêtait sa référence à la tradition. Avec des mots bien à lui, il voulait avant tout traiter des problèmes de son temps, entre autres celui de la place que la femme devait occuper dans la société arabe; elle ne devait pas rester confinée dans une cage dorée, "YA TIR EL QAFS". malgré sa vie décousue, son intempérance, il restait indéfectiblement attaché aux traditions de rigueur morale de l'Islam le plus pur, le plus sain. Il s'attaquait à toutes les déviations et à tous les reniements, fléaux de la nouvelle société que d'aucuns osent appeler musulmane. Il employait un langage simple, parfois métaphorique, où l'image prenait volontiers le pas sur le mot. Le jeu de mots, entre aide est un devoir), "MA YENFAA GHIR ESSAH" (Rien que la vérité !), "LAZEM ESMAH BINATNA" (Pardonnons à ceux qui nous ont fait du mal), "YA KASSI" (Que de malheurs dans l'ivresse!). Mort en pleine gloire, le 31 août 1980, dans un tragique accident de voiture sur la corniche d'Alger, ce compositeur si original à tant d'égards, et qui, en quelques années à peine, était devenu des plus populaires en France, en Algérie et dans le reste du Maghreb, aura marqué la nouvelle chanson algérienne da sa remarquable personnalité et de son talent inimitable.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:29

M'hamed Issiakhem








M'hamed Issiakhem (1928-1985) est l'un des fondateurs de la peinture moderne en Algérie.

M'hamed Issiakhem naît le 17 juin 1928 à Taboudoucht (Douar Aït Djennad, Azeffoun) en Kabylie. A partir de 1931 il passe son enfance à Relizane. En 1943 il manipule une grenade, volée dans un camp militaire, qui explose. Deux de ses sœurs et un neveu meurent. Hospitalisé pendant deux ans, il est amputé du bras gauche. De 1947 à 1951 il est à Alger élève de la Société des Beaux-Arts puis de l’École des Beaux-Arts et suit les cours du miniaturiste Omar Racim. En 1951 il rencontre Kateb Yacine. De 1953 à 1958 il fréquente l'École des Beaux-Arts de Paris où il retrouve Kateb Yacine - les deux artistes demeureront inséparables. En 1958 Issiakhem quitte la France pour séjourner en RFA puis résider en RDA.

En 1962, boursier de la Casa de Velázquez de Madrid, Issiakhem rentre en Algérie. Il est alors dessinateur au quotidien Alger Républicain. En 1963 il est membre fondateur de l’Union Nationale des Arts Plastiques, de 1964 à 1966 chef d’atelier de peinture à l’École des Beaux-Arts d’Alger puis directeur pédagogique de l’École des Beaux-Arts d’Oran. Il illustre alors plusieurs œuvres de Kateb Yacine. De 1965 à 1982 il crée les maquettes des billets de banque et de nombreux timbres-poste algériens. En 1967 il réalise avec Kateb Yacine un film pour la télévision, Poussières de juillet, en 1968 les décors du film La voie, de Slim Riad. En 1971 Issiakhem est professeur d’art graphique à l’École Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger et crée les décors pour le film Novembre. Il voyage en 1972 au Viêt Nam et reçoit en 1973 une médaille d’or à la Foire Internationale d’Alger pour la décoration du stand du Ministère du Travail et des Affaires sociales.

De 1973 à 1978 Issiakhem est dessinateur de presse. Il dirige en 1977 la réalisation d’une fresque pour l'Aéroport_d'Alger. Le Ministère du Travail et des Affaires sociales publie à Alger une plaquette dont Kateb Yacine écrit la préface sous le titre Issiakhem, Œil-de-lynx et les américains, trente-cinq années de l’enfer d’un peintre. En 1978 Issiakhem séjourne quelques mois à Moscou et reçoit en 1980 le Premier Simba d’Or (Lion d’Or) de Rome, distinction de l’UNESCO pour l’art africain. Il meurt le 1er décembre 1985 à la suite d’une longue maladie.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:29

Mahboub Bati


Musicien, compositeur et parolier, Mahboub Bati est connu comme le leader de la modernisation de la chanson chaâbie. C'est à Médéa qu'il s'initie à la musique auprès de musiciens algériens et français tels que Hadj Missoum Hadjersi, les frères Lelouche, Jeannot Acair et Kadouche, qui créent à la fin des années trente le groupe Atomic Bande.
Après avoir été apprenti coiffeur, Mahboub Bati, de son vrai nom Safar Bati Mohamed El Mahboub s'intéresse à la musique et prend des cours de solfège. En parallèle, il apprend à jouer à la cornemuse. On est à la fin des années trente et Mahboub est décidé plus que jamais à se consacrer à la musique. Il est encouragé par Hadj Missoum Hadjersi qui l'intégrera dans le groupe Atomic Bande aux côtés d'autres musiciens, notamment les frères Lelouche, Jeannot Acair et Kadouche.
En 1940, son ami et cousin Mahboub Stamboulov (ils sont les petits fils de cheikh Mahdjoub dont le mausolée se trouve à l'entrée de Médéa) l'appellera pour intégrer la première troupe de jazz d'Alger qu'il venait de créer. Mahboub Bati y sera saxophoniste. Quelque temps après, le musicien fera parler de lui dans le milieu artistique algérois et dès le début des années 1950, il commence à être sollicité par les chanteurs pour la composition musicale et les paroles.
Il a modernisé le chaâbi
Au début des années 1960, Mahboub Bati explose en devenant l'un des précurseurs de la chanson chaâbie moderne. Bien qu'il avait déjà réalisé des succès en composant pour Abderrahmane Aziz (la chanson Nedjma) et d'autres chanteurs, l'histoire gardera de lui les tubes de Boudjemâa El Ankis, Amar El Achab, Guerouabi, Amar Ezzahi, Fettouma Ousliha et Seloua. L'artiste avait du flair.
Dès qu'il rencontrait un chanteur, il savait quels sujets lui écrire et quel genre de musique le mettrait en avant-scène. Plusieurs dizaines de chanteurs de variétés et de chaâbi ne doivent leur réussite qu'à Mahboub Bati. Pour rappeler que les paroles de Bati et ses compositions musicales assurent d'avance le succès, la chanson El Barah chantée par El Hachemi Guerouabi, qui avait fait un tabac, avait été proposée à Lamari. Ce dernier, qui avait refusé la proposition de Bati, a sûrement raté une occasion en or, car avec ce tube, Guerouabi est resté au podium pendant plusieurs années.
Grâce au génie de Bati, toutes les chansons de Guerouabi seront des succès, notamment Meghouani Sahrane (2e face de El Barah) Djohra, Ya Lwerqa et Allo Allo. Auparavant, El Achab avait également obtenu un grand succès avec Nesthel El Kya. Boudjemâa El Ankis avait aussi eu ses moments de gloire avec les chansons Rah El Ghali et Oh ya Ntya.
Il ne produisait que des succès
Pratiquement tous les chanteurs qui se sont mis à la chansonnette ont eu l'occasion de connaître ces faiseurs de stars. Par la suite, d'autres chanteurs ont percé grâce à Mahboub Bati. C'est le cas par exemple de Chaou pour lequel il avait écrit et composé son premier grand succes Djah Rabbi. Les jeunes artistes des années 1970 rêvaient de rencontrer Mahboub Bati, car avec lui, on ne peut que s'attendre au passage au professionnalisme. Il était à la fois conseiller, parolier, compositeur et producteur. L'artiste qui jouait pratiquement de tous les instruments, de la cornemuse à la guitare en passant par le violon, le luth et le saxophone, avait l'art de savoir ce qu'aime le public. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne mettait jamais sur le marché un produit risquant un échec.
Né le 17 novembre 1919, Mahboub Bati qui a commencé son enfance en apprenant le Coran est revenu à la source. En effet, en 1986, il est allé à la Mecque pour le pèlerinage du Hadj. A son retour, il mit fin à une carrière très riche et des plus réussies. Des centaines d'artistes, d'amis et de mélomanes ont assisté à son enterrement le 22 février 2000. L'artiste restera parmi nos meilleurs paroliers et compositeurs
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 12 Jan 2009, 13:30

Mahieddine Bachtarzi


né à Alger le 15 décembre 1897. Cette personalité aux multiples facettes est sans conteste l'un des plus grand artiste que l'Algérie ait connu. Dans sa jeunesse, il fut d'abord muezzin dans une mosquée de la Qasba d'Alger où il se distingue en récitant brillamment le Coran. Ses prouesses vocales attiraient, paraît-il, même des européens qui venaient l'écouter à l'extérieur de la mosquée. Plus tard, avec sa voix de ténor, il intègre l'école de musique "El Moutribia" fondée par Edmond Yafil, où il sera nommé président. Après un périple de 12 ans à travers l'Europe, avec sa troupe El Moutribia, il devient, en 1928, professeur de musique au Conservatoire municipal d'Alger (il est intéressant de savoir que c'est lui qui lanca le premier appel à la prière à la grande mosquée de Paris, inaugurée en 1926). Ayant composé quelques 400 oeuvres musicales, il est admis en 1931 comme membre de la société des auteurs-compositeurs de musique de Paris tout comme il reçoit la distinction marocaine de 5ème chevalier du Ouissam en 1926 et de commandeur du mérite humain décerné par les autorités suisses pour sa contribution et le rôle qu'il a joué pour faire connaître la culture et la musique algériennes. Outre la musique, il s'investit dans le théâtre et même dans le cinéma, notamment dans des films cultes tels que "L'Opium et le bâton" et "Hassen Terro". Mais sa renommée, il la doit au théâtre. Mahieddine Bachtarzi a révolutionné, en effet, le théâtre algérien en optant pour un théâtre populaire plus accessible en introduisant le dialecte algérien dans les représentations théâtrales et surtout en encourageant la femme à monter pour la première fois sur les planches, ce qui a valu à ses pièces un énorme succès. A l'indépendance, Mahieddine Bachtarzi est nommé directeur du Conservatoire d'Alger. Le dramaturge, qui compte l'adaptation de quelques pièces universelles, notamment "L'avare" et "Le malade imaginaire" de Molière, décède le 6 février 1986 à Alger, à l’âge de 88 ans. Au crépuscule de sa vie, il écrit ses mémoires en 3 tomes. Le 21 mai 1992, Mahieddine Bachtarzi est honoré, à titre posthume, de la médaille de l'ordre du mérite national, et en mai 2006, l'association El Djazaïr El Âssima a commémoré, au Théâtre national, le 20ème anniversaire du décès du grand ténor et artisan du théâtre algérien.
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MessageSujet: Re: Biographie Artistes(algeriens)   Lun 23 Fév 2009, 17:07

Merci mon frére pour ce excellent travailles

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
l'amour pour L'ALGERIE est sentimental, il se ressent, il se sent,et il ne se dégueule pas.
PAR AMOUR POUR VOTRE ALGERIE.......
RESPECTEZ SES COULEURS
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